Hobbit or not hobbit ?


HouellebecqBis

Adam Belinski, collectif[SquirrelsToTheNuts]

Publié dans Pipole | Marqué avec | Laisser un commentaire

Séries Killer, la revanche


Avant d’être l’homme qui ne sait pas tenir son rang même dans les manifestations et cherchant une énième nouvelle posture de l’homme qui a changé, Nicolas Sarkozy a, contrairement à ses habitudes, pris la plume et cité un film de cinématographe dans une tribune parue le 21 mars 2014. Il y ose un parallèle entre ses relations avec la justice de son pays et la situation des artistes dissidents de l’ex-Bloc soviétique : « Ce n’est pas un extrait du merveilleux film « La Vie des autres » [de Florian Henckel von Donnersmarck, 2006] sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France ». Ainsi va la droite. La gauche ne crie plus depuis bien longtemps « CRS=SS ! », mais Nicolas Sarkozy prend le relai en criant « Justice=Stasi ! ».

Pourtant l’ex-hyper-président est un homme de petit écran. Et ses dernières aventures au pays de l’éternel retour viennent confirmer son tropisme pour les feuilletons d’Outre-Atlantique. De la même façon que le 7 novembre 2007 à Washington, il avait annoncé la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), il ne cesse de tenter d’intégrer le récit politique français à la dramaturgie télévisuelle américaine…

La première saison s’est jouée de 2007 à 2008 et a commencé dès son élection à la présidence de la République. Séduit par les aventures du président Josiah Bartlet (Martin Sheen) et de son équipe de « spin doctors » dans « À la Maison Blanche » (d’Aaron Sorkin, 1999 à 2006), il confie les conférences de presse élyséennes à David Martinon. Malheureusement, avec un président omniprésent dans tous les médias, ce haut fonctionnaire fut incapable d’atteindre le talent –certes démocrate et fictif- de Claudia Jean « C. J. » Cregg (Allison Janney).

CJCregg

S’en est suivi plusieurs saisons où, visiblement, le personnage se cherchait du côté des super-héros : sauveur de la paix en Géorgie (2008), sauveur de la crise des dettes en Europe (2010) et une ultime tentative encore moins crédible de sauveur du peuple de France contre ses élites (2012).

Underwood

Et puis le salut est venu d’un personnage secondaire : le conseiller Patrick Buisson. En enregistrant les conversations et les réunions élyséennes, il a permis de raccrocher le parcours de Nicolas Sarkozy à une autre série. Malheureusement, ce fut « House of Cards » (de Beau Willimon, 2013) quand Frank Underwood (Kevin Spacey) se confesse face caméra livrant ses stratégies de pouvoir et déblatérant sur les gens qui l’entourent. Les extraits donnés par la presse des enregistrements dudit Buisson sont du même ordre : sans détour et cyniques, l’ex traite tout le monde de c…. Cette dernière (?) saison télévisuelle n’en finit pas de tourner au fiasco, d’où le choix d’une citation cinématographique dans la tribune précitée, avec, on le devine, cette secrète pensée : « Si seulement les Français pouvaient s’intéresser à « La Vie des autres » et un peu moins à la mienne ! »

Joe Gillis

Publié dans Politique & Société | Laisser un commentaire

Ceux qui l’ouvrent…


ReservoirDogs

Image | Publié le par | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Tristesse club


2015/01/img_6979.jpg
Lille © Matzac

Publié dans Marre !, Think positive | Laisser un commentaire

Nous, citoyens ordinaires, sommes Charlie


JeSuisCharlie

Image | Publié le par | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Points de vue


SupermanReturnsLivingDead

Image | Publié le par | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

La puissance du système


En 2010, Saez n’a pas pu afficher la pochette de son album, J’accuse, représentant une photographie d’une femme nue dans un Caddie. L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) y a vu « un caractère dégradant pour l’image de la femme ». Saez s’est défendu affirmant que, dans cette image, « le féminisme est à son expression la plus pure » (France Inter, 5 mars 2010) et que « la société d’aujourd’hui veut que l’individu, et particulièrement la femme, soit réduit à un bout de viande dans un Caddie » (Phosphore, mai 2010).

JAccuseSaezSi seulement on pouvait se féliciter de la vigilance et de l’efficacité de l’ARPP : la censure de la pochette de Saez ne serait que la conséquence de l’évolution des mœurs qui aurait rendu impossible, en 2010, la reproduction de la carte postale de 1986 intitulée « Panier du dragueur en vacances » ! Malheureusement, l’ARPP a la vigilance et l’efficacité sélectives, laissant passer le logo de « Adopte un mec » et acceptant la stratégie sexiste de l’« égalité par le bas ».
Si seulement on pouvait exempter Saez de toute arrière-pensée marketing dans le choix de ses visuels. Déjà, le titre de son album convoque rien de moins que le « J’accuse » dreyfusard d’Émile Zola publié dans L’Aurore le 13 janvier 1898. La photographie en noir et blanc, réalisée par Jean-Baptiste Mondino, est esthétisante, juste assez pour faire oublier la graveleuse carte postale de 1986, « panier du dragueur en vacances ».

AdoptePanierEnfin, 3 ans plus tard, une pochette d’un autre album de Saez, Miami, défraye à nouveau la chronique et subit la censure du métro parisien. Comment croire que le choix d’une image de fesses de femme légèrement culottées et masquées par une Bible est innocent quand tout le monde sait que les visuels associant sexe et religion ont tous suscité la polémique ?

MiamiSaez
Saez est sans doute sincère dans ses dénonciations de la marchandisation du corps féminin ou du lien entre consommation et puritanisme, comme Renaud hier qui chantait « Société, tu m’auras pas » (dans l’album Amoureux de Paname, 1975). Mais il faut vendre, faire parler de soi… et donc utiliser les outils de la société de consommation. Or cette société est tellement puissante et totalisante qu’elle tend à détourner et récupérer toute rébellion pour son profit mercantile. C’est pourquoi Benetton s’est rendu célèbre avec les provocations photographiques d’Oliviero Toscani, c’est pourquoi la FNAC ose se dire « agitateur depuis 1954 » et c’est pourquoi « Les Guignols de l’info » se permettent de brocarder les responsables politiques, mais toujours entre deux tunnels publicitaires.

Joe Gillis

Publié dans Passerelles entre les arts | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire