Séries Killer, le retour


« Mais où va la France ? » se lamentent les paranoïaques religieux de « La Manif pour tous » comme ceux du « Jour de retrait de l’école ». Ils sonnent le tocsin du haut de leur minaret (inutile d’écrire à la rédaction, l’expression mélangeant les deux cultures religieuses, c’est fait exprès). Ils confondent « études sur le genre » et « théorie du genre » et fantasment : « Nos enfants naissent neutre et peuvent ensuite choisir leur sexe ! ». Ils revendiquent : « Pas touche à nos stéréotypes de genres ! » et exhibent leur fille en fée et leur garçon en Zorro.

Il faut s’y faire, la France baigne dans une ambiance maurassienne depuis que Nicolas SARKOZY et Patrick BUISSON ont confondu conseil et enregistrement, accompagnement et récupération de la droitisation de la société.

« Où va la France ? » S’est aussi demandée la petite fille au serre-tête parental qui aurait mieux fait de manger sa banane plutôt que de l’agiter au passage de la garde des sceaux le 25 octobre 2013. En effet, profitant que sa maman était toujours occupée dans la cuisine, elle s’est emparée du numéro de Madame Figaro du 28 février 2014. Elle y a vu le « Portfolio célébrités » d’Isabelle Girard, intitulé « Stars en série » avec le texte introductif suivant :

« Elles sont journaliste, animatrice, productrice… et sériphile. Pour Madame Figaro, six personnalités du petit écran incarnent, le temps d’une séance photo, leur héroïne de série TV préférée. Métamorphoses ».

NatachaPolonyElle a feuilleté les portraits, façon support-publicitaire-textile-et-accessoires, de Mélissa Theuriau, Églantine Éméyé, Daphné Bürki, Élisabeth Quin, Anne-Sophie Lapuix et Natacha Polony. Et là, elle fut assaillie par une vive inquiétude : en effet, le chapeau introductif annonçait bien des « héroïnes », or Natacha Polony est déguisée en Dexter Morgan (Michael C. Hall)… qui est carrément un homme, marié à Rita Bennett (Julie Benz) et père d’Harrison (Jadon Wells). Les bras lui en sont tombés. Quoi, la « théorie du genre » irait même se nicher dans les pages de Madame Figaro ? Elle aurait ainsi déjà gagné le sanctuaire de la mode haut de gamme ? La petite fille alla alors se réfugier dans le magazine que son papa avait oublié sur son fauteuil de son salon. Ouf ! Lui n’exhibait que des femmes dénudées et aucune bite ! Le genre moderne, quoi.

Joe Gillis

 

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Réconciliation place du Panthéon


Réconciliation place du Panthéon

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Crise d’identité


Crise d'identité

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SÉRIES KILLER


Dans le duo Nicolas Sarkozy-François Fillon, c’est Nicolas Sarkozy qui incarnait le personnage le plus contemporain. Nicolas Sarkozy avait une communication à 1000 à l’heure, inspirée d’Alastair John Campbell quand il était au service de Tony Blair et qui consistait à « faire la météo », c’est-à-dire à imposer le rythme et les thèmes de ce qui fera les titres du jour dans les médias. François Fillon apparaissait alors comme le « collaborateur » gestionnaire, celui qui « faisait le job » dans la plus pure tradition des premiers ministres falots et finalement sacrifiés sur l’autel de la gloire présidentielle.

Certes Nicolas Sarkozy a perdu les élections présidentielles en 2012. Certes François Fillon a pu surprendre quand il donna ses consignes de vote pour le candidat le moins « sectaire » entre le Parti socialiste et le Front national (8 septembre 2013), mais il était alors engagé dans une surenchère droitière avec Jean-François Copé et son histoire de Gaulois qui se serait fait « arracher son pain au chocolat par des voyous sous prétexte qu’on ne mange pas pendant le Ramadan » (5 octobre 2012).

Ses préférences en matière de séries télévisées politiques confirment que François Fillon est désespérément dans la tradition de la droite la plus classique. Interrogé par L’Opinion (23 décembre 2013), il déclare qu’il préfère la version américaine de House of Cards (Beau Willimon, 2013) à la version originale britannique (Andrew Davies, 1990) jugée « un peu datée ». Selon lui, À la Maison Blanche (The West Wing, Aaron Sorkin, 1999 à 2006) aurait beaucoup vieilli et il n’a pas été séduit plus que ça par Borgen, une femme de pouvoir (Adam Price, 2010 à 2013).

La version américaine de House of Cards est assez peu politique dans le sens où elle n’est qu’une sordide lutte des places et pourrait donc se passer dans n’importe quelle entreprise. Elle rappelle d’ailleurs la série interrompue Profit (John McNamara et David Greenwalt, 1996).

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À la Maison Blanche montre comment l’idéal et l’intérêt général doivent composer chaque jour avec les ambitions et les intérêts privés au sein des institutions américaines pour espérer imposer des réformes au final certes progressistes, mais toujours trop timides. Le dédain de l’ex-premier ministre pour cette série s’explique aussi par le fait qu’elle était appréciée par Nicolas Sarkozy : c’est, par exemple, notre ex « hyper-président » qui avait tenté de rejouer les « points presse » de Claudia Jean « C. J. » Cregg (Allison Janney) à l’Elysée avec le catastrophique David Martinon.

ImageQuant à Borgen, la série est une apologie de la vertu en régime parlementaire… Autant d’histoires, de valeurs et de comportements que François Fillon juge vieillis. Bien sûr, le Droopy de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a du supporter, à Matignon, 5 ans de présidence humiliante sarkozienne. Bien sûr il ne s’agit que de choix de fictions et pas de la vraie vie. N’empêche. Il ressort de ces choix une vision complètement désabusée de la politique et un goût pour la mise en scène du cynisme le plus pur. Les réserves de François Fillon sur ces séries politiques sont très ciblées, à l’image d’une droite indécrottablement en manque d’idéal autre que l’enrichissement et l’ambition personnelle.

Joe Gillis

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Gare au dictaphone !


MLeMaudit

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Mais de quoi ont donc peur les hommes sévèrement armés ?


Lorsque j’avais entrepris, dans ce même blog CinéThinkTankien, un essai de typologie des « méchantes » dans James Bond, je croyais que l’affiche de Rien que pour vos yeux (For Your Eyes Only de John Glen, 1981) était un spécimen spécifique à l’univers cinématographique de l’agent secret de sa Majesté. En ce sens qu’il fallait bien être l’un des plus gros machos du monde pour imaginer qu’un homme puisse menacer une femme qui, bien qu’armée elle-même, ne le menace pas puisque son arme est au repos.

Et puis un ami bienveillant m’a orienté vers l’éloquent travail de compilations de Christophe Courtois. Ce blogueur rassemble les affiches qui relèvent du même thème ou de la même esthétique. Parmi ces séries figure une planche avec des hommes entre les jambes des femmes. « Je vous laisse libre d’apprécier, qu’il s’agisse d’admirer les longues jambes, de railler plusieurs décennies d’originalité flagrante, de déplorer que les femmes en soient encore réduites à ce rôle dans les films, ou de noter l’évidente connotation sexuelle – il y a toujours un homme entre ces jambes (…) » écrit-il en légende de sa planche.

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Et parmi cette catégorie « des hommes entre les jambes des femmes », j’ai isolé une sous-catégorie constituée de 3 affiches. Celle de Rien que pour vos yeux augmentée de celle du Transporteur 2 (de Louis Leterrier, 2005.) et celle de The Number One Girl (de Luc Campeau, 2010). Chacun des 3 hommes représentés tire sur la femme qui lui fait face alors que celle-ci a son arme baissée. Mais alors, à quelle menace ripostent ces hommes de façon préventive ?

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La première lecture serait symbolique, sexuelle… et basique. Il n’y aurait pas de menace, juste un « geste d’instinct » : le pistolet de l’homme représente son phallus et, entre les jambes d’une femme, il tire. Mais une seconde lecture est possible en faisant appel à un film plus explicite.

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Dans L’Attaque de la femme de 50 pieds (Attack of the 50 Foot Woman de Nathan Juran, 1958 et son remake télévisuel de Christopher Guest, 1993), Nancy Archer (Allison Hayes puis Daryl Hannah) devenue immense suite à une rencontre avec des extra-terrestres, se venge des affronts qu’elle a subis quand elle était une femme douce, épanouie et attentionnée. Dans les affiches, là aussi, de petits hommes gesticulent entre les jambes de la grande femme puisqu’elle enjambe des lieux d’activités humaines, l’autoroute comme la maison. Nancy Archer est d’autant plus violente que, dans sa vie « normale » son mari la trompait. Depuis les années 1950, le cauchemar de la femme devenue géante qui vient demander des comptes continue donc de hanter certains hommes. Pas étonnant qu’ils se hâtent de dégainer les premiers.

Marc Gauchée

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Tous à poil !


Tous à poil !

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