Nicolas Sarkozy fait aussi du scooter : les Français en vacances sont-ils toujours pris pour des cons ?


Est-ce que qu’il reste quelqu’un dans l’entourage de l’ex-président Nicolas Sarkozy pour lui dire d’arrêter de prendre les Français pour des cons ? C’est pas comme ça qu’on l’aimera, c’est pas comme ça qu’il reviendra. Il faut en effet lui dire que, dans notre pays – qui est aussi le sien – il y a une école gratuite, laïque et obligatoire jusqu’à 16 ans ; l’éducation nationale est le premier budget de l’État ; chaque jour, nous pouvons avoir accès à des œuvres qui nous ouvrent à de nouvelles pensées et de nouvelles esthétiques littéraires, cinématographiques, picturales ou musicales ; la France a atteint le taux de 99,3% de couverture du haut débit en une décennie ; 82 % des ménages sont connectés à l’internet en 2013, etc, etc… Mais c’est plus fort que lui. Il reste dans le souvenir de sa campagne brillante et victorieuse de 2007, oubliant que sa machine à communiquer s’est sérieusement grippée depuis 2012. Or, le 24 juillet 2014, il pose en couverture de Paris Match en scooter. Voici donc les 3 raisons pour lesquelles, avec cette couverture, Nicolas Sarkozy continue à nous prendre pour des cons.

ScooterSarkozyLa première relève de la communication positive. L’allusion est évidente. Le scooter, c’est la liberté : on passe partout et, en plus, on s’affranchit de porter le casque pourtant obligatoire. C’est l’amour : il est préférable d’avoir une fille en jupe à l’arrière pour que la vitesse dévoile ses belles jambes. L’image rappelle Vacances romaines (de William Wyler, 1953) et l’escapade amoureuse d’une princesse (Audrey Hepburn) enfin libérée du carcan de ses devoirs de représentation grâce à Joe Bradley (Gregory Peck). Ou encore Pulp Fiction (de Quentin Tarentino, 1994) et la fuite libératrice de Butch (Bruce Willis) et Fabienne (Maria de Medeiros) en chopper. Peu importe que l’Union pour un mouvement populaire (UMP) reste endettée à plus de 74 millions d’euros, cernée par les affaires et minée par les luttes intestines, il faut imprimer dans la tête des Français l’image d’un homme libre accompagné d’une femme séduisante qui n’a donc aucun lien avec tout ça.

La deuxième relève de la communication revancharde. Sans casque, estival, avec une fille à l’arrière et tout sourire, Nicolas Sarkozy est ainsi l’exact opposé des clichés volés par Closer le 10 janvier 2014 où François Hollande était seul, casqué et hivernal. Il fallait ringardiser l’image de ce président s’échappant de l’Élysée pour aller rejoindre son amoureuse. Comme dans Easy Rider (de Dennis Hopper, 1969) ou La Grande évasion (de John Sturges, 1963), l’échappée a mal fini : François Hollande est désormais célibataire quand le couple Sarkozy-Bruni peut exhiber son bonheur conjugal. Et toc !

ScooterHollandeLa troisième relève de la contre-communication. Le 9 juillet est sorti en salles Les Vacances du petit Nicolas de Laurent Tirard. Il était évidemment urgent pour l’autre Nicolas de marquer sa différence.

Marc Gauchée

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Le "Trône de fer" aux sources de l’addiction


Il suffit de surfer sur le net pour découvrir les témoignages de ces spectateurs de la série Le Trône de fer (Game of Thrones de David Benioff et Daniel Weiss, depuis 2011) qui, d’occasionnels, sont devenus « addicted » et ne veulent désormais plus manquer un épisode. Il est vrai que la série a bénéficié de moyens considérables et d’un battage publicitaire conséquent pour son lancement. Pourtant cette série ne fait que mettre en scène une énième lutte entre clans rivaux, selon un schéma qui enchaine intrigue, violence et cul de façon souvent artificielle, mécanique et cumulative (Attention lecteurs : des spoilers se cachent dans la suite de cet article).

Mais le succès est là. En fait l’addiction des téléspectateurs et internautes vient du mélange subtil entre deux procédés : la « reconnaissance » et la « disruption ».

GoT

La reconnaissance est un procédé typique de la littérature populaire. Umberto Eco dans De Superman au surhomme (Grasset, 1978) a expliqué que ce mécanisme régit le roman populaire depuis le XIXe siècle. Il s’agit d’offrir aux lecteurs le plaisir sans cesse renouvelé de la reconnaissance d’un schéma d’histoire, d’une situation-type ou de héros-types. Il se fonde sur des codes établis à l’avance. Ici règnent donc la citation et la référence toujours identifiables, il n’y a pas de dépaysement. Comme l’écrit Martial Bouilliol, les femmes y sont réduites aux rôles de « reines ou prostituées » (et parfois les deux). L’esthétique est à dominante publicitaire en ce qu’elle se contente, justement, d’accumuler les signes de reconnaissance : la musique, la lumière, les comédiens, bref tous les éléments de la mise en scène servent le même discours, sont redondants, vont dans le même sens. À la différence d’Alfred Hitchcock, les scènes de meurtre sont tournées comme des scènes de meurtre et les scènes d’amour sont tournées comme des scènes d’amour.

L’impact de ces approches standard est faible avec une population gavée d’images. C’est donc là qu’apparait le second procédé venant du marketing : la disruption. Ce procédé a été décrit par Jean-Marie Dru dans Disruption, briser les conventions et redessiner le marché (Village mondial, 1997). L’objectif est de créer une rupture avec les approches standards pour se différencier et apparaître original. La série Le Trône de fer n’en finit pas de jouer avec ces contrepieds, la mort de ceux que l’on prenait pour des « héros » étant le point d’orgue des saisons 1 (épisode 9) et 3 (toujours épisode 9). La littérature populaire se contentait de « cliffhanger » à la fin de chaque chapitre, dans Le Trône de fer, chaque épisode de la série contient de multiples « cliffhangers » comme autant de transgressions.

Les images de disruptions transgressives, intervenant au milieu de signes de reconnaissances classiques, finissent par créer une addiction, la jouissance d’un monde connu puis la jouissance de le quitter sans ménagement pour l’inconnu. Addiction qui est la déclinaison industrielle, télévisuelle et sans humour, de ce qui nous avait fait aimer, au cinéma, Pulp Fiction de Quentin Tarentino (1994).

Le décryptage des procédés de cette addiction lui fera perdre de son attrait, comme la brillante communication de Nicolas Sarkozy, qui avait tant fasciné avant 2007, a fini par sombrer dans la vacuité et la confusion en 2012, entre « président des riches » (reconnaissance) et « casse-toi pauv’ con » (disruption).

Joe Gillis

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Les nouveaux visages du sexisme publicitaire (3/3)


Troisième et dernier volet de la réflexion que nous livre Marc Gauchée autour du sexisme comme bras armé des publicitaires. Après le porno chic et l’invocation des causes justes, on verra comment les "pubards" cherchent à se prémunir contre les accusations de sexisme. Mais là encore, le genre humain n’en sort pas indemne…

3e stratégie : L’égalité par le bas

La troisième stratégie pour faire passer du sexisme dans la publicité consiste à traiter les hommes aussi mal que les femmes. L’affiche du Conseil général de Moselle réalisée avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), qui incite à réduire ses déchets en représentant un sac poubelle aux formes féminines a enflammé les réseaux sociaux en mars 2014. Après avoir plaidé le « décalage », le Conseil général a présenté ses excuses.

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Bien que ce résultat ait été obtenu par les réactions virulentes de Mosellanes et des réseaux féministes, cette campagne se déclinait également en version « homme ». Dès lors, le scandale relève moins du sexisme que de l’objectivation du corps humain, quel que soit son sexe. L’allusion à l’indispensable « régime minceur » permet de nous faire culpabiliser sur nos bourrelets pour, après, nous vendre ces produits miracles qui font maigrir. Surtout, le tronc d’être humain est réduit au contenu d’un sac poubelle, donc à un déchet, ce qui devrait choquer les femmes comme les hommes.

CGMoselleH

« Vous voyez, on traite aussi mal les femmes que les hommes ! », en faisant deux versions, les pubards croyaient échapper au sexisme, ils ont pratiqué une égalité par le bas… à rebours de tout humanisme.

Marc Gauchée

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Heureusement qu’il y a l’UMP…


Heureusement qu'il y a l'UMP...

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Les nouveaux visages du sexisme publicitaire (2/3)


Après un premier volet qui aborde le sexisme publicitaire sous l’angle de sa mise en scène porno chic (pour un autre point de vue sur le porno publicitaire, c’est ici), Marc Gauchée nous invite à nous pencher sur une autre vilaine face de la bête…

2e stratégie : Au nom de la « bonne » cause

La deuxième stratégie pour faire passer du sexisme dans la publicité consiste à mobiliser le prétexte de la « bonne » cause. La firme American Apparel fait ainsi poser torse nu et braguette ouverte, Maks, une de ses employées avec le slogan « Made in Bangladesh ».

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Comme souvent, les pubards ne font que mettre en scène de façon commerciale le mouvement de « mise à nu » qui travaille la société occidentale depuis plusieurs années. Cela fait longtemps que les calendriers aux pin-up dénudées ne sont plus réservés aux routiers. Des corps se sont montrés dans des éphémérides effeuillés pour le rugby, pour l’éducation nationale, pour l’entreprise menacée… Les Femen ont institutionnalisé ce mouvement.

« Montrez votre corps pour la bonne cause » devient, pour les pubards, « Montrez votre corps pour le produit ». Avec la publicité d’American Apparel, ils atteignent un cynisme tout à la fois inégalé et subtil. D’abord Maks, née à Dacca, est « Made in Bangladesh », c’est-à-dire étiquetée comme un produit et réduite à son origine. Enfin, sous couvert de critique de l’industrie de la mode, cette publicité fait une allusion odieuse aux 350 ouvrières décédées à Dacca après l’effondrement de leur usine. Objectiver les corps, dénuder des femmes ou profiter des victimes de la mondialisation, tout est permis pour la bonne cause, surtout si elle est commerciale.

Marc Gauchée

À suivre…

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waiting for the bad things


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Je ne veux pas être ton ami


Pas plus que Pharrel Williams me rend happy…

Pas plus que Daft Punk me get lucky

Sur Facebook, je ne veux pas être ton ami

FCBK

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