« La Grande Vadrouille » : les yeux, le mensonge et l’entourloupe


Quand, le 27 mai 2014, Jean-François Copé demande de ne pas douter de son intégrité dans l’affaire des fausses factures Bygmalion destinées à financer la campagne de Nicolas Sarkozy, il le dit « les yeux dans les yeux ». L’expression est particulièrement malheureuse.
En effet, elle rappelle le déni de Jérôme Cahuzac qui expliquait, le 8 février 2013, « Les yeux dans les yeux, je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en Suisse ». Dès lors, invoquer les « yeux » tend plus à se rapprocher du mensonge que de la vérité.

Le lien entre les « yeux » et le mensonge a même une histoire plus ancienne. Il pourrait avoir commencé, en politique, le 28 avril 1988, lors du débat télévisé entre les deux tours du scrutin présidentiel. François Mitterrand est face à Jacques Chirac. Le « gaulliste » tente de coincer le « socialiste » sur l’affaire Wahid Gordji, du nom de cet Iranien soupçonné d’avoir participé à l’organisation des attentats en France au milieu des années 1980. Jacques Chirac, premier ministre, affirme avoir averti François Mitterrand, président de la République, qu’il avait des preuves de la culpabilité de Wahid Gordji, il demande alors de réfuter sa version des choses en le regardant « dans les yeux » et Mitterrand réplique : « Dans les yeux, je la conteste ».

LaGrandeVadrouilleFinalement, avec ses « yeux dans les yeux », Jean-François Copé commet un beau lapsus : il voulait clamer son innocence, mais a utilisé une formule qui laisse à penser, malgré lui, qu’il était peut-être au courant de certaines choses… Il est comme ce soldat allemand (Michel Modo) dans La grande vadrouille (de Gérard Oury, 1966) qui, par une vision défaillante, rate immanquablement sa cible.

Marc Gauchée

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Une ode aux poètes américains


Dans un livre qui évoque lointainement l’univers de Michel Houellebecq, intitulé Une Odyssée américaine (Flammarion, 2009), Jim Harrison décrit le parcours de Cliff, un soixantenaire désabusé qui s’amuse à renommer un par un chaque état américain traversé à l’occasion d’une ennuyeuse crise existentielle. Un roman qui a pourtant le mérite de nous faire découvrir, ou redécouvrir, par la voix d’un narrateur n’arrivant jamais à la hauteur d’un héros houellebequien, quelques poètes et écrivains américains dont voici les photos de famille !

RalphEmerson1803-1882

Ralph Waldo Emerson (1803-1882)

HenryDavidThoreau1817-1862

Henry David Thoreau (1817-1862)

ZaneGrey1872-1939

Zane Grey (1872-1939)

DHLawrence1885-1930

D.H. Lawrence (je sais, lui est britannique) (1885-1930)

HartCrane1899-1932

Hart Crane (1899-1932)

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L’ « ami » qu’est devenu mon banquier


« Cet adversaire, c’est le monde de la finance », confiait François Hollande lors de son discours du Bourget, le 22 janvier 2012. Les reproches n’épargnaient pas les banques qui « sauvées par les États, mangent désormais la main qui les a nourries », entre bonus indécents et spéculations en tous genres. Face à tant de désamour – pourtant largement justifié -, certaines banques ont rappelé qu’elles étaient « coopératives » (Crédit coopératif, Crédit mutuel ou Crédit agricole), d’autres ont rendu impossible cette détestation en proclamant : « Mon banquier, c’est moi » (BforBank)…

HelloBanque

HelloBank fait plus fort avec un spot en forme d’échange de dialogues électroniques. Profitant du succès de Facebook, des « textos » et autres messageries, le banquier est traité comme un de ces « amis » électroniques. En effet ces outils numériques permettent, non pas d’avoir des amis, mais de les « gérer ». C’est-à-dire d’être en contact avec eux 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sans jamais avoir à les rencontrer dans leur humanité réelle, physique, incarnée, parfois ennuyeuse ou remplie de temps morts et de contradictions. Ces réseaux dont l’histoire est contée dans The Social Network, perfectionnent le monde décrit dans Denise au téléphone où une bande d’amis new yorkais communiquaient sans jamais se rencontrer.

TheSocialNetwork

Il était normal que les banques se saisissent des plus récentes technologies. Leurs clients n’auront plus à s’inquiéter des horaires d’ouverture de leur agence. La banque en ligne relève de la logique du « 24/7 » analysée par Jonathan Crary (dans 24/7, le capitalisme à l’assaut du sommeil, Zones, 2014). Il n’est plus besoin d’attendre son tour, ni d’écouter les autres, il suffit de cliquer, ce qui tombe bien, les banques pourront fermer leurs (forcément) toujours trop couteuses agences et licencier en douce.

DeniseAuTelephone

Sous couvert de services, le client s’est adapté à la logique des marchés et des réseaux toujours en éveil, ce qui tombe bien aussi, car pendant qu’ils échangent des messages avec leur nouvel « ami » banquier, ils laissent dormir les rentiers, ceux que François Mitterrand dénonçaient le 29 mai 1990 : « Aujourd’hui, on peut s’enrichir en dormant, il suffit d’être propriétaire de bonnes valeurs mobilières ou propriétaire de bons terrains, ou de bons locaux et il suffit de regarder le temps passer ». Aujourd’hui, les clients de HelloBank ne dorment plus et ils ne s’enrichissent toujours pas. L’idéal pour une banque.

Marc Gauchée

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Temps de mi-saison pour bilan de mi-mandat…


SingingRain

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« À l’amiable » de Rémy Cayuela : enfin disponible en VOD !


Dans la pénombre de leur salle à manger, Guillaume et Caroline ont décidé de se séparer et jouent leurs biens aux dés, y compris leur ultime “bien”, la chair de leur chair. Ils réalisent alors que c’est la naissance de leur fils qui a divisé leur couple… et décident d’y remédier.

In the darkness of their living room Guillaume and Caroline are fighting for their common goods, splitting them with a dice game. All their goods… Including their ultimate one: their »flesh and blood ». That’s precisely when they realize that the birth of their son is the reason why their relationship is broken. So they decide to fix it…

Production : http://www.originefilms.fr/

Coproduction : http://septentrionfilms.com/

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Aeon : où philosophie, psychologie (…) et culture font bon ménage


Avide de réflexion sur le monde ? Rendez-vous sur ce site passionnant, hautement soutenu par cinethinktank : http://aeon.co/magazine/

The Rothko Chapel, Houston, Texas. Photo : Adam Wiseman/Corbis

A lire : Going to the chapel par Nathan Dunne http://aeon.co/magazine/culture/what-music-can-you-hear-in-rothkos-art/

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Copinage : « La Robe de Marilyn » à dédicacer et à discuter


Le jeudi 30 octobre, de 18h30 à la fermeture, Marc Gauchée sera à la Librairie du cinéma du Panthéon (15 rue Victor Cousin à Paris dans le V°) pour débattre et signer son essai La Robe de Marilyn

La robe de Marilyn

Venez nombreuses et nombreux, l’ami Gauchée garantit que robes, jupes et autres kilts resteront sagement en place…

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