Et moi, je suis Brad Pitt


AudreyKim

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Birdman : vol au dessus des Oscars


Birdman

Courez, que dis-je, volez voir Birdman ! Le dernier film d’Alejandro G. Iñárritu (Babel, 21 grammes) est d’une poésie et d’une maîtrise remarquables qui lui ont à juste titre valu les faveurs de l’académie. Birdman raconte l’histoire de Riggan Thomson, acteur sur le retour qui voudrait se défaire du costume de super-héros à plume qui l’a fait connaître du grand public avec la trilogie Birdman, pour s’épanouir dans un registre beaucoup plus littéraire en montant une pièce de Raymond Carver sur Broadway. Michael Keaton est magistral dans le rôle de Thomson, super-héros rangé des voitures, tiraillé entre son désir de reconnaissance du milieu qui risque de virer au fiasco si sa pièce n’arrive pas à séduire la critique, et son mauvais génie plumé qui lui conseille de rempiler pour un Birdman IV.

Ajoutez, une dose de crise de la cinquantaine, une pincée de relations père-fille conflictuelles, un agent – Zack Gafilianakis – au bord de la crise de nerfs et de la banqueroute, une pièce rapportée – Edward Norton – qui menace de le pousser à bout, une femme, une maîtresse, une critique exquisément perfide – Anna Thomson – et vous serez loin d’avoir utilisé toutes les possibilités de Birdman !

Le reste du casting est à l’avenant, sans dérapage et toujours sur la mesure. Filmé comme un long plan-séquence et ponctué par les syncopes d’une batterie débridée, Birdman est un film jazz à la partition sublime qui change des blockbusters trop convenus. C’est sans doute le meilleur qu’Hollywood est à même de nous offrir.

Guillaume L.

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Béziers, Coluche et leurs amis


Béziers fait à nouveau l’actualité. La ville dirigée par l’extrême droite s’est fait connaître (notamment) par son célèbre arrêté du 19 mai 2014 qui interdit d’étendre le linge aux fenêtres du centre-ville entre 6h et 22h. La justification est que ce linge nuit à « l’attractivité économique et touristique de la ville et notamment en matière d’ordre esthétique ».

Quoi ? Le linge qui pend au fenêtre serait laid et repoussant ? Ce n’est pourtant pas ce que disait Coluche en 1974. Dans Je me marre, il vantait « les vieilles ruelles avec le linge qui pend aux fenêtres » dans ces pays où on aime aller en vacances : la Grèce des colonels, l’Espagne de Franco et le Chili de Pinochet. Il ajoutait que l’autre caractéristique de ces pays était d’avoir une milice « armée jusqu’aux dents, prête à bondir ». Grâce au nouveau maire de Béziers, la ville n’aura plus de linge au fenêtre, mais elle aura une police municipale qui a quasiment doublé ses effectifs et s’est dotée d’une brigade canine. Dernièrement, la ville vient de faire savoir par voie d’affichage qu’en plus ladite police était armée.

Beziers

« Le nouvel ami » en question ne renvoie pas à l’amitié trop facile et superficielle des réseaux sociaux. Ce serait plutôt le genre d’amitié vantée par le sergent Hartman (Ronald Lee Ermey), l’instructeur des Marines, dans Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987). Quand Hartman hurle aux jeunes recrues : « Priez ! », elles répondent en chantant : « Ceci est mon fusil. Il y en a beaucoup d’autres comme lui, mais celui-ci c’est le mien. Mon fusil est mon meilleur ami ». Une amitié virile, une amitié qui en a, une amitié qui sait vider les douilles et les carafons. Entre l’extrême droite qui fait d’une arme un « nouvel ami » et Fortuneo qui ose nous inculquer « J’aime ma banque », il manque quand même un peu d’humanisme à cette France-là.

Joe Gillis

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Nicolas et son bâton de Pellerin


4GuerrePaix

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Spécial Saint-Valentin


LesAmantsPontNeuf

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« Sept ans de réflexion » et « Certains l’aiment chaud » : quand Billy Wilder fait son propre commentaire


Le 30 octobre 2014, j’étais invité à la très belle Librairie du cinéma du Panthéon pour présenter mon enquête sur La Robe de Marilyn (Éditions François Bourin, 2014). La soirée s’est déroulée en trois temps. D’abord un temps de dialogue avec Frédéric Damien, le libraire passionné qui avait préparé un jeu de questions-réponses à partir des chapitres de mon livre. Puis, un temps d’échanges avec les lecteurs présents, quand chacun alimente le mythe de Marilyn avec ses propres souvenirs et son propre parcours. Enfin un temps de signatures, plus intime, où chaque personne se livre encore un peu plus : là un jeune homme me confie tout bas qu’il veut offrir l’ouvrage à une jeune femme ; là un cinéphile tient à partager une nouvelle référence pour nourrir mon enquête…
C’est de cette dernière référence dont il est question ici : le cinéphile m’invite à faire un parallèle entre deux scènes de films de Billy Wilder, celle où la robe de Marilyn s’envole dans Sept ans de réflexion et celle où sa robe ne s’envole pas dans Certains l’aiment chaud.

BillyWilderDans Sept ans de réflexion, la « girl » interprétée par Marilyn Monroe s’amuse du vent provoqué par le métro qui passe en sous-sol et qui fait virevolter sa robe. Dans Certains l’aiment chaud, Sugar Kane Kowalczyk, interprétée par la même Marilyn Monroe, apparaît sur le quai d’une gare dans une robe étroite, l’obligeant à faire de petits pas, la locomotive lâche un jet de vapeur, l’obligeant à faire un écart.
Le parallèle est évident : la cause du souffle est toujours ferroviaire et les mâles présents profitent toujours du spectacle. Mais Billy Wilder joue surtout avec les oppositions : la robe blanche est devenue noire ; les ailes sont devenues une gaine ; le jeu dans la rue est devenue une gêne dans la gare ; la joyeuse liberté est devenue une contrainte.
Quatre années séparent ces deux films. En 1959, Billy Wilder s’est amusé à commenter la scène de son film de 1955 qui est déjà devenue un cliché. Il faisait ainsi un commentaire de sa propre filmographie et un joli clin d’œil aux spectateurs… qui n’ont pas échappé au cinéphile de la Librairie du cinéma du Panthéon.

Marc Gauchée

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Le Retour de la carte postale


2PovCon

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