Coup de gueule : c’est mes yeux ou l’économie, ça reste d’abord de la politique ?


Les libéraux croyaient tenir l’argument scientifique suprême avec la « loi » économique de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff. En effet, selon les calculs de ces deux professeurs d’Harvard, lorsque la dette publique atteint 90% du produit intérieur brut (PIB), la croissance serait immanquablement négative. Fort de cette « loi », Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques, a encouragé les États-membres à engager des politiques d’austérité, sabrant dans les dépenses sociales et restreignant toujours le champ des services publics…

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Et puis est arrivé Thomas Herndon. Ce doctorant à l’université d’Amherst a refait les calculs, corrigé les tableaux Excel des deux grands professeurs… et complètement démonté leur fameuse « loi ». Non, désolé, il est bien possible d’avoir de la croissance avec une dette de plus de 90% du PIB ! Thomas Herndon est comme Sam Lowry (Jonathan Pryce) dans Brazil (de Terry Gilliam, 1985), ils savent qu’il y a une erreur quelque part et ils essaient de la corriger. Une vilaine mouche s’est écrasée sur la machine à écrire du ministère de l’information, transformant le suspect « Tuttle » en « Buttle ». Monsieur Buttle a donc été arrêté à tort et c’est ce que Sam Lowry veut faire reconnaitre à l’État… jusqu’à devenir suspect lui-même.

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La vraie vie donnerait presque plus de raisons d’espérer que le film de Terry Gilliam. C’est ainsi qu’en octobre 2012, le Fonds monétaire international (FMI) a reconnu avoir sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance. Et en mai 2013, en accordant des délais supplémentaires à plusieurs pays pour ramener leur déficit en dessous de 3% du PIB, la Commission européenne a reconnu que l’austérité rendait impossible la réduction rapide des déficits. Ce n’est donc pas tout à fait Brazil, mais, pas d’emballement, ce n’est pas encore le Pérou non plus.

Marc Gauchée

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Sont vraiment trognons à cet âge là…


Sont vraiment trognons à cet âge là...

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Coup de gueule : c’est mes yeux ou y’a bien une femme sur la photo ?


Dans son dossier consacré au Festival de Cannes, Télérama (n°3305 du 15 mai 2013) accorde un article à Toni Servillo, « acteur, italien et sensible », signé par Jacques Morice : « L’Italie, c’est lui ». Cet article est illustré d’une photographie tirée de La Grande Belleza (de Paolo Sorrentino) :

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Mais (car il y a un « mais »), ladite photographie est légendée ainsi :

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Or, il y a bien une femme sur la photographie. Il se pourrait même qu’elle soit comédienne. Et même qu’elle ait un nom. Genre Sabrina Ferilli par exemple. Mais non, la légende sera uniquement masculine. Cette double page de Télérama ressemble à tant d’autres doubles pages de nos hebdomadaires au sexisme ordinaire. Exemple ? Cette photographie résume parfaitement Le Nouvel Observateur : à droite, une page où de vieux beaux pontifient à longueur d’éditoriaux en se prenant pour des intellectuels et, à gauche, une femme nue qui vante les mérites d’un parfum dans une publicité pour l’industrie de luxe française.

Marc Gauchée

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Ozon : c’est même à ça qu’on le reconnait


Sachons gré à François Ozon d’avoir livré à une journaliste américaine un indice supplémentaire que les écarts de comportement de Dominique Strauss-Kahn ne sont finalement qu’une manifestation de l’exception culturelle française.

En effet, les aventures hôtelières de Dom à New-York et à Lille pouvaient laisser penser que l’image du French lover allait en prendre un petit coup. Heureusement, de doctes connaisseurs des mœurs gauloises nous expliquèrent que tout ceci n’était qu’un malencontreux quiproquo, l’art français de la séduction étant simplement plus vigoureux que la moyenne internationale. Soit. Admettons que finalement j’ai pu louper quelques occasions et perdre un peu de temps ici ou là (il est vrai que j’ai toujours été un peu lent).

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     French Lover des 30 glorieuses                French Lover de récession

Et voilà qu’à l’occasion de la présentation cannoise de Jeune et Jolie, l’auteur de 8 femmes et de Potiche trébuche lors de sa « promo » américaine. Le dernier opus d’Ozon, diversement accueilli par ceux qui l’ont vu, met en scène une étudiante qui se prostitue hors de toute contrainte économique et sociale. Bref, elle tapine parce que ça lui plaît, comme une certaine autre le faisait parce qu’elle était trop comblée (Séverine/Catherine Deneuve dans Belle de Jour de Luis Buñuel, 1967). Ça aurait pu gentiment s’arrêter là, mais Ozon semble avoir cédé à la tentation du buzz lors de l’interview donnée à une journaliste américaine du Hollywood Reporter : selon lui, la prostitution serait un fantasme partagé par de nombreuses femmes, et pas seulement par la fraction finalement assez réduite de la bombinette étudiante issue d’un milieu favorisé ou de la bourgeoise diaphane qui a eu la malchance d’unir son destin à celui du prince charmant : « Je pense que les femmes peuvent vraiment être connectées à cette fille (Isabelle, interprétée par Marine Vacth), parce que beaucoup de femmes fantasment de se prostituer. Ce qui ne veut pas dire qu’elles le font, mais être payée pour une relation sexuelle est quelque chose de patent dans la sexualité féminine (…). Je pense que vouloir être un objet sexuel, être désiré, être utilisé, est quelque chose de très courant. C’est le genre de passivité que les femmes recherchent ».

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Le bordel : une espèce de réunion Tupperware version CSP+

Reconnaissons que la proposition est plus ambitieuse que les seuls postulats des films susmentionnés, mais pas forcément plus pertinente : d’ailleurs, l’intéressé est revenu sur ses propos peu après et a présenté des excuses. C’est ainsi que l’affaire fut close, par repentance du bonhomme. Ceci étant, on relèvera quand même un point commun entre les défenseurs du strauss-khanisme sexuel et les fins connaisseurs de la libido féminine que prétendent être François Ozon et bien d’autres : ils sont, les uns comme les autres, dépassés par leurs fantasmes.

David El Mechali

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Cannes n’est qu’un festival de jambes (et vice-versa)


Le 1er mai 1987, le n°4 de la revue Visions célébrait les 40 ans du festival de Cannes en ressortant une photographie du milieu des années 1950, quand Brigitte Bardot avait affolé la croisette. Le 15 mai 2013, Télérama affiche, pour son n°3305 et festivalier, Bérénice Bejo.

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26 ans séparent les deux couvertures et, pourtant, le ressort est le même : une femme qui fait tournoyer sa robe dévoilant ses jambes. Tout le principe du langage publicitaire de base est résumé dans ces deux clichés.

1/ D’abord, outre le visage souriant, il faut montrer le corps de la femme. Ici, il s’agit des épaules, des bras et surtout des jambes.

2/ Les jambes sont essentielles parce qu’ensuite, il faut créer une promesse, un manque, un dévoilement partiel, un regard qui croit voir et qui, pourtant, ne voit rien. C’est tout l’intérêt de la robe, de cette robe qui se soulève toujours si peu. Le voyeur est ainsi incité à épuiser son regard, à traduire son désir dans la consommation… en achetant le magazine, c’est-à-dire le fol espoir d’en voir plus.

3/ Enfin, il faut marteler le message. La répétition, le pléonasme et la paraphrase sont le propre du langage publicitaire. Jamais le texte ne s’éloignera de l’image. Ici, le texte parle de Cannes et donc l’image montre des « cannes ». Jamais la publicité qui doit convaincre en si peu de temps ne suivra la leçon d’Alfred Hitchcock qui, selon François Truffaut, « filme des scènes d’amour comme des scènes de meurtre et des scènes de meurtre comme des scènes d’amour ».

Marc Gauchée

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T.H.I.N.K.


Le plus petit court métrage de l’histoire du cinéma !

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Une bonne tête de vainqueur !


C’est quoi, ce truc, là ? Cette tronche de vieux beau en train d’être content de lui. Avec sa touffe grisonnante et sa jaquette d’aventurier, genre j’ai 20 ans et j’pars à la conquête du monde mais en réalité j’ai 60 balais et j’vais bientôt crever. C’est quoi, ce magazine à deux balles ? Suspens… c’est "Winner, le magazine des gagneurs" ! (numéro 7 déjà…) Gagneur ? Définition: personne animée par la volonté de gagner. Bref, pas forcément gagnant au bout du compte… Car le gagnant, lui, "gagne ou a gagné", cf le Larousse. Enfin tout ça pour dire que luxe, Maserati, caviar et truffe, comme les vante ce bon gros magazine de loser, ne riment pas forcément avec succès !

François K.

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