- Jonquet » répondit Ferber sans hésiter. « Thierry Jonquet. En France c’est le meilleur à mon avis. » C’est ainsi, en lisant le dernier Houellebecq (La carte et le territoire), que l’on apprend l’existence de cet écrivain français de roman noir. Puis l’on découvre, au générique de fin de la piel que habito (Pedro Almodóvar), que le film est l’adaptation d’un livre, Mygale, de ce même Thierry Jonquet. Alors on décide d’acheter l’un de ses romans. Au pif. Les Orpailleurs. On n’est pas déçu. C’est noir, tranchant comme une lame, c’est brillant. Le Paris bancal, l’inspecteur alcoolique, la face sombre de l’être humain. On se découvre des affinités avec l’auteur pour la noirceur du monde. Et l’on se demande si Jonquet a eu le temps de lire Stéphane Velut avant de décéder, en 2009. Car le grand premier roman de Velut, Cadence, publié l’année de la mort de Jonquet, possède bien des points communs avec Mygale. Les deux auraient d’ailleurs bien pu s’entendre, c’est certain, l’un étant ergothérapeuthe, l’autre neurochirurgien. Enfin voilà comment les choses se passent. Les recoupements se font, les connections s’établissent, ou pas. On cherche, on sélectionne, au gré des envies, de l’humeur, on mène l’enquête, gentiment. On aurait pu parler aussi de Pascal Garnier, auteur français dont les intrigues tourmentées valent le détour. Mais ce sont là d’autres histoires. Et il n’y a pas assez d’une vie pour toutes les raconter.
Matthieu Z.
