« Entre les murs », film au centre du questionnement


En sortant du travail, j’ai couru pour ne pas manquer la séance de 19h d’Entre les murs au Pathé de la Place Clichy et j’ai bien fait. Cela m’a d’abord fait du bien de retrouver les murs de l’école « pendant-deux-heures ». Cela m’a fait plaisir, aussi, de voir un film qui souligne les perceptions diverses du langage et met en valeur l’hésitation et le questionnement, valeurs mal considérées dans le système pour le moins manichéen qui est le notre. Entre les murs est un film aussi simple que l’homme est complexe, c’est un film qui respecte la remise en question comme il questionne les décisions prises avec bon sens. C’est ce doute que l’on souhaiterait, au cinéma, voir nuancer plus souvent des discours simplistes trop répandus, ce doute qui conduit à réfléchir à la portée de ses actions, de ses paroles, ce doute qui permet de mieux assumer ses décisions. On peut dès lors imaginer que c’est à cette humilité et à cette réflexion sur soi que le film doit sa prestigieuse récompense au festival de Cannes.

Matthieu Z.

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3 commentaires pour « Entre les murs », film au centre du questionnement

  1. cinethinktank dit :

    Je trouve très juste l’idée de complexité que tu développes et qui caractérise « Entre les murs ». L’Homme est complexe, les situations le sont donc également. Il est tellement plus facile (mais vain) d’asséner une vérité crue et définitive. Accepter la complexité, c’est faire voeu d’humilité intellectuelle. La complexité c’est devoir accepter de retourner dans tous les sens chaque situation, chaque comportement et accepter parfois de ne pas trancher. Ceci ne doit pas s’entendre comme une résignation mais comme une obligation de travailler jusuq’à la corde chaque sujet. Bravo à toute l’équipe d' »Entre les murs » d’avoir fait ce travail.

    Augustin Bernard

  2. aurore dit :

    Film intéressant effectivement et belle réfléxion que tu nous livres là sur ce que tu en as pensé.

    Cependant, je tiens y ajouter mon discours car je pense que la complexité des relations humaines, inhérentes même à l’éducation dans son sens le plus universel, et que l’on tente de nous décrire dans cette chronique scénarisée frôle parfois une simplicité tirant sur le cliché. L’art facile de la critique quand l’art est difficile, me répondra-t-on? Peut-être.

    Le film pose les bonnes questions et ne tente pas d’y répondre. C’est tout à son honneur. Mais, il décrit ici une société quelque peu linéaire, creusée en ghettos d’où l’on ne peut jamais sortir, où l’espoir est vain. Pour avoir passé mon bac dans un lycée au coeur du Val Fourré, je le dis: tout n’est pas toujours si complexe. Et afficher une telle complexité ne peut-il pas être perçu comme une forme de mépris? Je m’interroge et ne connais pas nécessairement la réponse à cette question.

    On en vient finalement à la raison de mon agacement: la Palme d’Or. Elle colle drôlement à la « culture à la française », un tantinet bobo, jamais excessive mais un peu polémique. Veux-tu du film ancrée dans le réalisme, voire citoyen?! En voilà! Tout y passe: l’avortement, l’éducation, le terrorisme.

    Et là, vient ma vraie question: si le cinéma peut être le média d’une information différente et nouvelle, n’est il pas là également pour faire rêver? On se noit dans la docu fiction qui décrit une vérité… Une vérité qui, à mon sens, n’est pas toujours la bonne.

    Le jury se situerait-il en sauveur d’un Monde qui se laisse dangereusement tenter par le Lunaire et le fantasme?! C’est un danger qu’il est pourtant intéressant d’étudier dans cet art de lumière et d’images.

  3. cinethinktank dit :

    Merci de ta réaction.
    Afficher la complexité n’est pas, je pense, un acte méprisant. Puisque la complexité est partout, tant dans l’éducation que dans l’entreprise ou la famille par exemple. A aucun moment il ne m’a semblé que les questions que se pose Bégaudeau (la complexité) ne concernent que le milieu dans lequel il évolue (des lycéens en difficulté).
    L’espoir n’est donc pas vain si l’on prend conscience de cette complexité universelle. Et l’intégrer dans la recherche d’une solution fait sans doute partie du remède.
    Ton analyse de la Palme d’or est pertinente d’un point de vue sociologique mais l’attribution d’un prix aux films « sociaux » a quand même le mérite de faire exister ces thèmes dans une industrie qui, plus qu’elle ne fait rêver, existe en grande partie pour une société désireuse de se vider la tête.
    MZ

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