Fragments de Chris Marker


Il faut voir les films de Chris Marker plutôt que de lire ce qui suit. Discours délicat tant la vision de ses films touche au personnel. Regardez ces deux vidéos, elles vous donneront, je l’espère, envie d’en voir puis savoir plus sur cet homme.

Chris Marker est un jeune homme de 87 ans. Il n’a jamais été pris en photo, il n’a jamais accordé d’interview, il travaille seul, il filme le monde, revient avec ses images, les monte, les démonte, les rapproche, les oppose et nous donne, ce qui est très rare avec un film, des morceaux de poésie d’1h30.

Ce qui me touche avec Chris Marker, c’est sa modestie. Dans ses films court une petite musique : « si tu veux faire du cinéma, vas-y. Prends une caméra légère, parcours le monde, regarde, filme, reviens et propose-nous ton regard, ta sensibilité ». C’est tellement rare qu’un réalisateur nous dise, « toi aussi tu peux ». Il faut voir La jetée.

Ce qui me touche avec Chris Marker, c’est  sa modernité. Ses films cherchent toujours à casser les codes. Il rencontre un ingénieur japonais qui crée une machine qui modifie les images en fonction des fréquences du son. Il l’utilise. Il faut voir Sans soleil.

Ce qui me touche avec Chris Marker, c’est son engagement. Auprès des ouvriers, des syndicats, à Cuba, en Chine, en Sibérie. Il a crée le groupe Medvedkine qui créait des ateliers de cinéma dans les usines. Il a crée une œuvre qu’il complète, modifie depuis 30 ans sur les engagements révolutionnaires dans le monde. Il faut voir Le fond de l’air est rouge.

Ce qui me touche avec Chris Marker, c’est son intelligence sensible. Tout le long de ses films, une voix-off, intelligente mais pas cultivée. Une intelligence qui fait un détour par le cœur et qui s’y frotte et atteint donc un degré élevé de l’âme humaine. Il faut voir Le joli mai.

Ce qui me touche avec Chris Marker, c’est son amour de l’image. Il aime la caméra, la pellicule, le montage et plus que tout l’Image. Il en démontre les limites et les possibilités. Il capture des regards. Il observe et nous comprenons. Il faut voir Lettres de Sibérie.

Ce que j’aime chez Chris Marker, c’est qu’il m’a fait découvrir des territoires artistiques inconnus et qu’il m’a appris qu’en Art, rien n’a encore été fait et que tout restera toujours à faire. Il faut voir les films de Chris Marker.

Augustin B.

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Un commentaire pour Fragments de Chris Marker

  1. CINETHINKTANK dit :

    De images pures et un imaginaire hors normes…
    A propos, Chris Marker a accordé une interview unique sur « Second Life » à Serge Kaganski dans les Inrocks il y a peu. Mais sans doute y voyait-il une énième mise en scène.
    Matthieu Z.

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