Que l’esprit sombre


"Femme aux seins nus. La Nature" Eugène Carrière (1849 - 1906)

"Femme aux seins nus. La Nature" Eugène Carrière (1849 - 1906)

Un animal s’en va dans les rues de la torture et ce sont les couleurs de son corps qui éclatent sur la matière. Il est des raisons de croire qu’il n’agit pas par hasard. A la manière qu’il a de se tortiller, éclaboussant le lin de peinture noire, s’en appliquant partout pour mieux laisser son empreinte, il est la nature même de l’homme. Il geint tandis qu’il s’exécute et son action à la lumière du jour, c’est la mort qu’il côtoie dans les rêves du délire. C’est une fin de lui-même qui rôde, indistincte, informe et sombre. La nuit, il assiste à la dégradation de l’homme qui se consume en cachette, qui existe à côté de la vie. L’homme est en quête d’un monde passé, façonné par l’absurde et la maladie d’être seul, et qui regorge de l’illusion d’une poésie malsaine. La partition dramatique qu’on aime détester et l’inverse. Une beauté bancale, pourrie et indispensable. Un animal s’est mis à nu et l’on n’a demandé à personne de comprendre son action. Il s’est fié à la matière bosselée et rugueuse et qui freinait la progression des doigts. Il adorait l’obscur du rocailleux, du graveleux, du dur. C’était un ordre plaisant des choses, dans une démence fiévreuse, et peu importait après tout que la mort fût là.

Gabriel L.

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