On ne connait rien des chats persans


On s’attendait à ce que le Grand Soir de la révolution verte se déroule là où étaient les caméras et les micros du monde entier, c’est-à-dire à Copenhague. Raté, la révolution verte aura bien lieu mais… à Téhéran. Le vert, la couleur de l’opposition au pouvoir d’Ahmadinejad, est maintenant le symbole de la lutte pour une chose toute simple : la liberté. Cette révolution-là est moins médiatisée, moins bavarde que sa grande sœur danoise, mais par contre bien réelle.

En Iran, lutter c’est oser twitter, oser écrire sur un blog, oser filmer avec son portable, oser jouer de la musique et oser faire un film. Faire un film en déjouant l’autorisation des mollahs, en filmant clandestinement dans des caves et quitter son pays en sachant ne plus pouvoir y revenir… Ce film donc, c’est Les Chats persans de Bahman Ghobadi et il sort ce mercredi en France. Deux jeunes musiciens iraniens veulent quitter l’Iran pour jouer à Londres. En attendant leurs hypothétiques passeports et visas pour partir, ils font le tour de la scène underground iranienne pour compléter leur formation. Leur musique est géniale (www.myspace.com/takeiteasyhospital). Ce film nous montre à quel point tout ce qu’on nous dit de l’Iran est faux. On ne connaît rien des chats persans. On nous a raconté des fous de dieux ; des manifestations où les drapeaux étaient brûlés et piétinés. On nous a raconté un pays en voile noir, en barbe longue, en poussière, en haine de l’Occident et en axe du Mal. On découvre une jeunesse drôle, stylée, qui drague, qui rap, qui joue du métal dans une ferme. Une jeunesse presque comme les autres, à ce détail près qu’il faut se cacher pour jouer de la musique et ruser pour tout le reste.

On ne sait pas comment va évoluer la situation en Iran. Un tour de vis sanglant du régime est à craindre. Reste que le vent des désirs qui souffle dans ce film paraît pouvoir tout balayer.

Paradoxalement, soutenir trop ouvertement cette révolte, c’est soutenir le régime. La sentence « les amis de mes ennemis sont mes ennemis » saura être utilisée par le pouvoir pour liguer la population iranienne contre sa jeunesse en l’accusant d’entente avec l’Occident.

Dans notre impuissance, regardons leurs films, écoutons et dansons sur leur musique ; ils aimeraient ça.

Augustin B.

Publicités
Cet article, publié dans The Movie Library, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s