Quelques questions à Eric Arlix, écrivain et éditeur


Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Eric Arlix est écrivain et éditeur (fondateur de la plateforme éditoriale è®e), auteur passionnant et passionné, et bien entendu cinéphile averti. Il est notamment l’auteur de DÉSOBÉISSANCE, Bienvenue à la réunion 359, Le Monde Jou et Le Guide du démocrate, écrit avec Jean-Charles Massera. Son dernier livre, Kill David, est une biographie de l’acteur américain David Carradine. Rencontre.

1. Pourquoi écrivez-vous ?

C’est minimal, c’est un challenge, pas d’atelier ni de matos.

Pour témoigner de l’imbécillité de l’époque.

Parce que les livres sont des objets technologiquement fiables et aisément partageables.

2. Pourquoi publiez-vous ?

Il n’y a quasiment plus de maison d’édition généraliste indépendante.

Il y a trop de livres que les maisons « sérieuses » convertis aux dogmes commerciaux et à la quête de buzz et de prix se refusent aujourd’hui à éditer.

3. Lorsque vous écrivez, ressentez-vous de la frustration par rapport aux limites visuelles et sonores de ce type d’expression ?

Pas du tout, au contraire, toujours un challenge d’écrire.

Avez-vous envie de prendre vos mots par la main, de les libérer de l’espace « feuille blanche » et de les envoyer dans des univers plus sonores ou visuels, comme le cinéma par exemple ?

C’est possible, pas de concrétisation néanmoins pour l’instant.

… ou au contraire l’existence de vos mots perdrait son sens sur un autre support ?

Non, pas du tout, tous les médiums sont possibles.

4. Vous avez récemment publié un livre sur David Carradine. Si on ne connait pas Carradine, quel film conseillez-vous pour le découvrir ?

La Course à la mort de l’an 2000 (Paul Bartel, 1975).

Le film s’ouvre sur le départ de la course, fanfare amateur jouant (très mal) l’hymne américain, plans sur la foule, tiens un petit drapeau nazi (un des équipages de la course est nazi), un seul plan sur un skyline de buildings très futuristes mais pas très réalistes, la montée du drapeau américain (tiens les étoiles sont remplacées par un poing levé) puis un officiel relooké télévangéliste (le diacre du parti bi-partisan) affublé d’une combinaison blanche très futuriste s’adresse à la nation (tout le monde debout) : « Ô chère immense et lumineuse foule, vous les sportifs américains, mes frères, ce jour nous fêtons la vingtième édition de la grande course transcontinentale, ce jour, devant vous, les plus valeureux parmi les femmes et les hommes de la plus valeureuse des nations vont risquer leurs jeunes vies dans un événement sportif inégalé depuis Spartacus. Dans trois jours un nouveau pilote sera champion d’Amérique et l’on verra le monde se prosterner, en extase devant le prince de la violence. »

Pour en savoir plus sur Eric Arlix :

http://www.ericarlix.net/

http://www.editions-ere.net/

http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=23606

Propos recueillis par Pierre T.

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