The Very Bad Trip of Life


Nul ne m’empêchera d’écrire que le dernier film de Terrence Malick, The Tree of Life, est complètement raté. De toute façon je ne révèle rien, tout le monde s’en est rendu compte : le couronnement par une palme d’or à Cannes est la récompense injustifiée d’un film à l’esthétique pesante et au propos d’une platitude sans borne. Le montage est incompréhensible, le film se réduit à une succession d’images qui semblent récupérées d’un épisode d’Ushuaïa, les sujets, pourtant non dénués d’intérêt (la genèse de l’humanité, l’enfance difficile d’un gamin dans les années 50), sont traités sans engagement par un auteur qui ne se mouille jamais. A force de ne rien comprendre, on reste en retrait. Résultat : on souffle face à une œuvre qui tente d’embrasser le monde mais qui ne réussit pas à devenir la grande fresque sur l’humanité qu’elle prétend incarner. Un film mégalo en somme, plutôt égocentrique, qui à force de vouloir tout dire, obtient ce qu’il souhaitait à priori éviter : ne rien dire du tout.

Le pire, c’est qu’on a l’impression d’avoir déjà vu The Tree of Life à travers plusieurs chefs d’œuvres dont le film s’inspire sans gêne. Ainsi Malick pompe odieusement Kubrick (2001) avec ses images de l’espace et ses airs de musique classique. N’arrive jamais à la cheville d’un Pialat lorsqu’il traite de la férocité des rapports familiaux, ou d’un Todd Haynes (Loin du Paradis) lorsqu’il filme l’existence pavillonnaire des années 50 aux Etats-Unis. A l’américaine, le film veut trop, vise trop haut et finit par se diluer dans un propos complexe et indigeste (nature, création, humanité, famille, passé-présent-futur et j’en passe), en décalage total avec les préoccupations de société actuelles. Jamais il n’est fait état, par exemple, de la technologie numérique, dans cette ambition folle, démesurée, de vouloir pourtant tout traiter. Une mauvaise idée que vient pourrir un fade message d’espoir final, où des gens marchent ensemble sur la plage vers ce qui semble être l’avenir. Parlant d’espoir, c’est des Rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch (Tanzträume) d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann, charmant documentaire à taille humaine sur la danse, dont Malick aurait bien fait de s’inspirer pour clore ce very bad trip !

Matthieu Z.

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Un commentaire pour The Very Bad Trip of Life

  1. cantais dit :

    j’espère le voir!

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