Les nibards d’Humphrey et les couilles de Pamela


Il fallait le faire. Oser le faire. Oser pomper l’intrigue de Casablanca de Michael Curtiz (1942) pour filmer Barb Wire de David Hogan (1996). Et surtout transformer Richard Blaine dit Rick, propriétaire du Rick’s café américain en Barbara Kopetski dite Barb Wire, propriétaire du Hammerhead Bar & Grill.

Les intrigues des deux films sont entièrement construites en miroir. Par exemple, au début, les deux personnages affichent la même neutralité sur les conflits qui les entourent. Pendant la deuxième guerre mondiale, à Casablanca, Rick explique « Je ne m’occupe jamais des affaires des autres », « La politique ne m’intéresse pas. Les problèmes du monde ne sont pas de mon ressort » et « Je ne me bats plus pour quoi que ce soit, excepté moi-même. C’est la seule cause qui m’intéresse ». En 2017 après la seconde guerre civile américaine, à Steel Harbor, Barb Wire explique : « Je suis neutre et une femme d’affaires avant tout ». Mais les deux finiront par rejoindre la résistance.

C’est plutôt côté cœur que nos deux héros divergent. Barb Wire couche dès le début avec Alexander Willis (Xander Berkeley), le chef -corrompu- de la police qui finira par lui avouer : « Je crois que je suis en train de tomber amoureux ». Ce à quoi elle lui répondra d’un très contemporain : « Dégage ! ». Quant à Rick, il finira par avouer au capitaine Louis Renault (Claude Rains), préfet -également corrompu- de police : « Louis… je crois que ceci est le début d’une merveilleuse amitié ». Personne n’est dupe. Quelques temps auparavant, Louis avait confié à une ancienne conquête de Rick : « Si j’étais une femme et que… je n’étais pas là, moi… je serai amoureuse de Rick ». À la différence de Barb Wire, dans Casablanca, le champ des possibles sera donc… hors champ. Et c’est ainsi qu’en 1944, Casablanca a remporté 3 Oscars (meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur film). Alors qu’en 1997, Pamela Anderson a remporté le Razzie Awards de la pire nouvelle star. On ne peut pas tout avoir quand même.

Marc Gauchée

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