La guerre des boutons (de rose)


Ah, la guerre des boutons, un chef d’œuvre de littérature qui fleure bon la France éternelle (ça devrait plaire à certains, ça), et qu’on gagnerait tellement à inclure dans les programmes de l’éducation nationale si l’on n’avait pas si peur que plus personne ne sache le lire. Un concentré d’éducation politique vous dis-je, en plus d’une friandise littéraire. Et oh combien d’actualité cette guerre des boutons. Non pas celle que se livrent pitoyablement sur les écrans les deux versions actuellement en salles. Celle-là ne mérite même pas qu’on s’y attarde tant elle illustre le désespérant manque d’idées et de vision de certains producteurs français (avec deux guerres des boutons, on aurait pu d’ailleurs financer quatre la guerre est déclarée, qui file, elle, aux oscars. Comme quoi la vraie guerre, si on veut, c’est pas si cher). Non, en fait, la vraie guerre du moment c’est la guerre des boutons de roses bien sûr, vous l’aurez deviné, celle que se livrent sans pitié nos vaillants candidats socialistes pour le bien public, écartelés entre unité de façade et désir d’exister (enfin) seul. Comme cette guerre là est semée d’embuches. Comme dans le livre de Louis Pergaud tiens. Il dit tout le livre, presque cent ans avant. Pour le débat, croyez-bien, suffit de lire : « faudra prendre tous les lance-pierres et toutes les frondes. Pas besoin de s’embarrasser des triques, on veut pas se colleter. Avec les habits du dimanche, il faut faire attention et ne pas trop se salir parce qu’on se ferait beigner, en rentrant. » Ah Mr Pergaud, vous nous l’éclairez pas qu’un peu le débat, la. Avec tous ces Velrans de droite qui attendent en face. Mais il faut d’abord connaître le chef pour affronter l’ennemi. Là encore, tout est dans le livre : « Bacaillé et Camus, entrés dans le même cabinet pour y satisfaire le même besoin, avaient fait converger leur jet vers l’orifice « présidentiel » (ça c’est de moi) destiné à les recueillir. Une émulation naturelle avait jailli spontanément de cet acte simple devenu jeu. C’était Bacaillé qui avait affirmé sa supériorité. Il cherchait rogne évidemment […] Lors tous deux, haussés sur la pointe des pieds, bombant le ventre comme un baril, s’étaient mutuellement efforcés à se surpasser » c’est ça un vrai débat, ça vous pousse vers le haut. Hé oui. Après l’important, c’est évidemment toujours de se focaliser sur l’ennemi. Faut rester concentré. Pas se laisser aller quoi. Rappeler la cause, la cause ! C’est l’origine de tout, ça, et bien sur du débat.  Pergaud le dit très clairement, comme sur BFM. Écoutez-donc La Crique : »C’est la cause pourquoi qu’on se bat avec les Velrans. Vous savez mes petits (c’est nous les petits bien sûr), c’est pas d’aujourd’hui ni d’hier que ça dure : il y a des années et des années. C’est depuis le commencement du monde pardié, interrompit Gambette, puisqu’ils ont toujours été des peigne-culs, voila ! » Là, moi j’y ai presque tout compris, au débat. Il me manquait juste une petite chose, un petit aveu d’un p’tit Gibus vers la fin quoi, vous savez, un « si j’avais su j’aurais pas venu ». Là, on aurait tous compris, nous les p’tits. Comme quoi les livres, c’est toujours utile, même aujourd’hui.

Mathieu V.

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