« La Vie est à nous » – le lapsus afghan


La photographie illustrant cet article a été retirée à la demande de l’ayant droit (cf commentaire)

… si la Vie est à nous, les droits sont à eux !

Le 12 juillet 2011, lors d’une visite-éclair en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a détaillé les modalités du retrait progressif des troupes françaises. Ce retrait avait été annoncé le 23 juin, quelques heures après l’annonce du retrait par les Américains, confirmant ainsi le calage français sur la politique outre-atlantique. Mais une phrase reprise dans les journaux étonne. En Afghanistan, le président français a notamment déclaré : « Il faut savoir finir une guerre ».

Cette phrase sonne comme d’abord un écho de lui-même, le 20 novembre 2007, quand il déclarait devant le congrès des maires de France à propos de la réforme des régimes spéciaux de retraites : « Il faut savoir terminer une grève lorsque s’ouvre le temps de la discussion »… elle-même en écho de celle, beaucoup plus célèbre, que Maurice Thorez prononça le 11 juin 1936 : « Il faut savoir terminer une grève dès que la satisfaction a été obtenue ». À la lumière de ce rappel, la déclaration sarkoziste peut se lire comme l’expression d’autres choses que ce qu’elle voulait exprimer, comme un véritable triple lapsus.

Premier lapsus : le président français a le désir secret d’entretenir la fiction qu’en Afghanistan, « la satisfaction a été obtenue » ou, pour paraphraser George W. Bush sur l’Irak, que « le travail est fait ». En 1936 aussi, il s’agissait d’habiller la réalité d’un discours conclusif. Lorsque le secrétaire général du Parti communiste prononce sa phrase, les accords de Grenelle viennent d’être signés, mais le mouvement de grève avait d’autres revendications. Il sera pourtant durablement affaibli par l’appel de Thorez.

Deuxième lapsus : et si l’écho, dans le champ guerrier, d’une phrase s’appliquant d’abord au champ social révélait d’abord l’angoisse d’un dirigeant face aux mouvements sociaux à venir. En effet, Nicolas Sarkozy qui a fait le choix de s’aligner sur la politique budgétaire allemande, doit vendre un plan de rigueur inévitable : baisse des salaires des fonctionnaires, hausse des impôts… Celui qui gère la crise européenne, sait que le tour de la France ne peut pas ne pas venir, que c’est même un des objectifs majeurs de l’Allemagne de contraindre la France à l’austérité. Le souvenir des mots de Thorez serait donc à prendre à la lettre, comme la crainte du chaos à venir.

Enfin, troisième lapsus : l’année 2012 sera marquée par l’élection présidentielle. Et, à l’heure des bilans, Nicolas Sarkozy, chantre de la rupture et du volontarisme politique, laisse une France alignée sur les Etats-Unis en politique extérieure et alignée sur l’Allemagne en politique économique. À se demander si la préoccupation majeure du possible futur candidat à sa propre succession n’est pas : « Il faut savoir terminer une présidence ».

Marc Gauchée

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Un commentaire pour « La Vie est à nous » – le lapsus afghan

  1. Mirkine dit :

    Madame, Monsieur,

    Je viens de constater l’utilisation sur votre site d’une photographie référence « La vie est à vous, Jean Renoir 1936 », appartenant au fonds photographique Mirkine dont je suis l’unique ayant droit.
    Aucun contrat n’a été signé avec le Cinethinktank. Il y a donc utilisation illicite et absence de copyright.

    Je vous rappelle que les photographies sont des œuvres protégées par les dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle.

    L’article L. 122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle dispose que « Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits ou ayants cause est illicite. »

    L’article L. 121-1 de ce Code indique également que « L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. »

    Dés lors, je vous demande de créditer immédiatement cette photographie (en bas à droite de l’image). « Copyright Léo Mirkine ».

    Dans l’alternative, je serais alors contrainte de transmettre ce dossier à mon avocat (Cabinet Pierrat à Paris) afin qu’il prenne à l’encontre de votre société toutes mesures judiciaires propres à assurer la sauvegarde de mes droits. Une procédure en dommages et intérêts s’imposera également.

    Je vous prie de croire, Madame, Monsieur à l’expression de mes salutations les meilleures.

    Stéphane Mirkine

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