2012, Pourquoi pas vous ?


Fatiguant de devoir entonner chaque année la même rengaine n’est-ce pas ? Écœuré peut-être un peu de devoir mentir en souhaitant que les rêves des autres se réalisent ? Chacun sait que cette chance sur 2012 a autant de probabilité de se réaliser que de gagner à l’euromillions avec un flash. Un simple « bonnes fêtes et bonne année » semble plus honnête, peut-être même plus altruiste et objectif. Car elle n’engage effectivement que celui qui la perçoit comme telle. Qu’est-ce qu’une bonne année après tout ? Celle où l’on n’est pas mort ? Celle où l’on a peut être courageusement survécu aux nouvelles catastrophiques annoncées régulièrement et en masse par nos médias préférés ? Celle où l’on a terriblement senti notre sacro-saint pouvoir d’achat s’amenuiser ? Peut-être même que la plus-value faramineuse pourtant annoncée sur mon 21m² n’aura pas lieu, alors c’est vous dire que la bonne année, ce n’est pas gagné. Au fond, une bonne année, c’est une année où il ne s’est rien passé, n’est-ce pas ? De grave. Une année de non-évènement en somme, presque une année de non-vie, une année pour que le temps passe et daigne pointer son aiguille sur l’année suivante. Le désespoir et l’apathie sont les maladies endémiques de l’homme moderne, de la même manière que la vérole et la syphilis étaient celles les plus communes de l’homme du passé. La puissance conjuguée de l’idéologie économique, des modes de consommation et de leur soutien médiatique sans faille achèvent de transformer l’homme moderne en chose consommante. Le « on choisit pour vous » se substitue en permanence au « tu es capable de choisir » et entretient à dessein l’illusion que la capacité d’agir n’appartient plus en propre à l’homme. Il est ainsi dépossédé de ce qui le défini et de sujet devient objet.

2011 a été une non-année pour la majorité d’entre nous. A l’heure où le mouvement Occupy remplissait les rues (voire les médias presque à leur corps défendant), nous nous sommes repus de scandales sexuels, de conflits arabes en jeux vidéo et de rétro commissions comme dans un bon Tom Clancy, avec une passivité qu’on pourrait au mieux appeler « léthargie profonde » pour ne pas nommer la véritable a-socialisation qui nous guette. Les faux appels ont été entendus et les vrais ignorés. Le repli sur soi au niveau individuel, national et européen a laissé des traces durables et dangereuses, que d’autres se prennent encore à monter en épingle. En 2012, ayons le courage de nos espoirs, de ceux qui donnent envie de vivre tout à la fois ensemble et pour demain. Une grande élection est organisée, à laquelle nous pouvons encore participer en toute liberté. Il sera temps de montrer que l’on est, enfin, réveillé, que l’on est, enfin, des citoyens, que l’on est, enfin, des hommes tout simplement. Nous n’appartenons à aucun parti.

Mathieu V.

Publicités
Cet article, publié dans Politique & Société, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s