La France Encore Plus Forte


1er mai. Jour du « vrai travail », y paraît selon certains. Profitons de l’entre deux tours présidentiel pour rappeler les paroles du titre Encore Plus Fort extrait du maxi de La Rumeur, Le Bavar & Le Paria, sorti en 1999. Le rap, c’est comme les bonnes bouteilles de pinard, ça se bonifie avec l’âge et ça se débouche pour les grandes occasions.

L’arme que j’affectionne

Dresse un crédo à rebrousse-poil

Cultive l’acrimonie d’rigueur

Dans une France féodale

(…)

D’urgence une nécessité de plus

Faire bouffer cette rage

Ce besoin vital d’aligner outrage sur outrage

Par dessus les traits trop bien dessinés

D’un consensus puant

Qui a pour jeu d’discréditer

Nos faces stigmatisées

Et puis si je conduis

Hors de sentier, hors des voies permises

Hors du clinquant des avenues de marquises

C’est qu’mes aspirations sont rouges et pas grises

L’expertise a même révélé

L’traumatisme

De l’enfant d’ouvrier

Qui voit la bave du patron s’agiter

Et humilié

Ma parole cette parole j’veux la voir

Déchirée d’part en part

J’la veux pas

(…)

J’veux la voir

Distribuer des coups de pompes dans l’cul

A qui nous prive toujours et encore de notre dû

_ Marque ça

Noir sur blanc

Chaque étape

Des bandes du parc aux faux plans

Aux histoires qui dérapent

J’ai vingt cinq ans

Et toutes mes dents

Y’a plus d’temps à perdre

Faut qu’on se sorte de la merde

Y’a d’la mauvaise graine

D’la mauvaise herbe

Y’a des baffes qui s’perdent

Mais bon en gros chacun s’démerde

Des profs de rue

c’est pas ça qui nous manque

Et des trempes non plus

On en a pris par nos renp

J’attrape des crampes

À m’retourner l’cerveau

Pourtant ici rien d’nouveau

Alors où je vais

D’où j’viens

Y’a pas grand-chose dont j’me souviens

Sauf l’image de mon père

Trimant pour notre pain quotidien

_ C’qui m’renforce dans c’que j’pense

Faut l’amorce pour qu’ça pète sans échéance

T’as vu l’ambiance

D’toute façon y’a que des hyènes

Des chiens et des chiennes

Qui pour une place au soleil font la file indienne

Alors j’trace mon chemin

Faut qu’j’bouffe à ma faim

Et c’qui alimente ma haine

C’est qu’je suis parti de rien

Nous aussi on vise haut

On vise ton putain d’magot

J’te l’dis en argo

Dans un vulgaire patois d’prolo

Encore plus fort

Pour encore plus de delbor

_ Te perfectionner dans l’art de pointer

C’qui gêne, c’qui hérite, c’qui fait chier le peuple

Et qui déchaîne les passions

Un maximum de bruit

Avec un max d’opinions cinglantes

Car il le faut

Si on veut plus qu’ça traîne

Pas d’illusions à s’faire

Rien n’est tout beau

On t’ment

Te surveille

Grâce à ta carte bancaire

Le pays clame tout haut

Que chacun a sa chance ici

Et tous grattent leurs tickets

Mais personne n’a d’pot

La survie est d’rigueur

Les p’tits boulots pullulent

A long terme le labeur paye peu

Y’a pas de pécule

(…)

Pour que la misère se taise

Pour qu’le poids du fardeau des gens

S’annule au mieux au mieux s’allège

Les rêves plein les yeux

Les p’tits des quartiers

Espèrent devenir riches

Que leurs projets quittent leurs feuilles de papier

Le mensonge traîne ses bases dans nos coins

Foulent aux pieds les envies d’existence du peuple, frangin

_ Après l’effort le réconfort

Maintenant il est grand temps d’tirsor

Les tenants et les aboutissants d’ce sale métier

Répondent à une demande qui eux dépendent de ces fils de putes

C’est comme ça depuis toujours

Et c’est pas demain qu’ça changera

Jusqu’à preuve du contraire

Tenir en laisse des familles entières

Par des promesses bancales

Enfin j’veux dire de ceux qu’ce putain d’système recale

Les mêmes à qui j’m’en prends

Et sans crier au secours

Que j’veux baiser d’l’intérieur

Jusqu’au restant de mes jours

Les bureaucrates de la musique le savent bien

S’prendront des coups d’chaussures dès qu’il s’agit d’mon gagne-pain

J’radote sûr mais ça fait partie du jeu

Et peu importe le thème vu qu’c’est les mêmes enjeux

Le temps nous l’dira en cette fin de siècle

Parce que ce pays m’doit des comptes sur son carnet de chèques

J’ai c’complexe du colonisé mais j’vis avec

Celui d’un sale rancunier qui t’parle direct

Donc

Quand j’serai grand

J’veux des mûrs et une meuf dans tous les arrondissements

Pour commencer

Des allers-retours Abidjan Paris Dakar Lomé

Pour m’rafraîchir les idées

Encore plus fort

Pour encore plus de delbor

Gabriel L.

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