Pas de Danette pour Samir !‏


A en croire les pisse-chronique de mauvais augure, la défaite des bleus en quart de finale de l’euro serait à imputer au manque d’éducation de joueurs en panne d’inspiration et de civilité. Sans doute notre déception est-elle à la hauteur du fol espoir né du parcours de l’équipe lors de la préparation du tournoi, qui nous aura fait méjuger du niveau réel de nos poussins et nous enflammer un peu vite. Mais pour aller dans le sens de Samir Nasri, certains gagneraient à tenir leur langue. Avouons-le, la France en demi ou en finale, c’eut été trop beau, trop tôt, trop tout court. Pour reprendre les mots d’un chansonnier grisonnant, il faut savoir laisser le temps au temps. Après tout, vous dirais-je, il s’est bien écoulé douze ans entre la demi-finale de 86 et le sacre du Stade de France. Douze ans de disette et d’humiliations qui nous ont laissé le temps de nous effondrer et de nous reconstruire. Après tout juste deux ans d’ajustements et de contrition médiatique, le travail de Blanc commence tout juste à porter ses fruits. Pourtant certains voudraient déjà faire table rase de cette génération de sauvageons parvenus et ingrats.

L’invitation au silence adressé par Samir Nasri aux journalistes manquait certes singulièrement d’à-propos en termes de com’, mais il est tout autant ridicule de le désigner à la vindicte populaire comme le responsable emblématique du flop suédois. Il faudrait d’abord se rappeler que sans lui nous ne serions sans doute pas arrivés jusqu’en quart de finale. Mais pas de chance pour Samir, si les Français sont bien des veaux comme l’avait affirmé De Gaulle, les journalistes ont tout de moutons, et l’image de gendre presque idéal de l’ancien élève de Wenger aura été sévèrement piétinée par le troupeau. Notre jeune ami devra donc expier son péché d’orgueil un certain temps avant que les esprits ne s’apaisent. Je vous l’accorde, notre triplette infernale Karim, Franck et Samir, a des goûts que d’aucuns peuvent juger douteux et un coté tape à l’œil légèrement exaspérant, mais à une époque où David Guetta fait la couv’ de GQ, on se doit de les excuser. Quant à expliquer leur indiscipline sur le terrain par leur origine de quartier pour ensuite voir dans la défaite une conséquence de leur individualisme forcené en expliquant que l’une découle de l’autre, il n’y a qu’un pas qu’on aurait préféré ne pas voir franchi. Heureusement pour Nasri, la punition est toute trouvée : privé de Danette au dessert.

Guillaume L.

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