Tweet Not


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« J’ai fait partie du Gang de des Cartes Postales »

Longtemps j’aimais vos tweets,  puis je mordis au citron amère. Un scandale vint d’un innocent message. Je ne veux pas en parler.

Un jour, plus tard, c’était l’automne,  un automne merveilleux, me vint l’idée du papier (pauvre de moi, si j’avais su). Et j’achetai un timbre ! Restez, ce n’est pas une insulte, un timbre c’est aimer, chérir un peu la distance !

Hélas, ce fut le début de ma fin : ma lettre partit par la poste !

J’étais lâche et donc sans couilles, mais le destinataire apparaissait en plein. Juste après l’odeur du forfait venait l’odeur du malin. La lettre partit !

Nous avons ri, puis nous avons bu : le geste était tellement dément ! La police vint, nous comparûmes. Avouai-je plus que nécessaire ? Montrai-je plus que mon cul ? Un an de recherches vaines rendirent caduques les poursuites, mais je reçus un blâme sévère. J’étais jour et nuit surveillé. Je n’avais toujours pas écrit un seul tweet !

Ce sont ici les mémoires d’un fou. N’y prêtez pas attention. Pas un seul tweet en deux ans ! Quand j’y pense, je me dis que j’étais jeune et complètement cramé. Il y avait John, dit « The Mailman », sous le coup d’un mandat d’arrêt, et il y avait Howard, qu’on appelait « British Postal », menacé du bagne. Deux hommes sans scrupules qui auraient vendu leur gourmette pour infiltrer un tri postal.

Non vraiment, c’était chaud. Mais la conviction nous emplissait comme un bon déjeuner, et nous gagnâmes l’underground. Nous étions inconscients.

Je pris goût au papier, c’était devenu comme une drogue. Nous avons commis des erreurs de jeunesse. Je me souviens de cette lettre manuscrite adressée au sénateur Wiggins, qui le blessa à la langue. Je ne le referais pas si je pouvais revenir en arrière. Comme cette lettre sur vélin envoyée au pape : nous avons été trop loin, c’est clair, les mots le blessèrent à la tempe. On s’est fait déborder par des groupuscules extrémistes.

J’ai fait partie du Gang des Cartes Postales, c’est pourquoi j’ai préféré parler aujourd’hui sous anonymat. Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait. J’aspire aujourd’hui à la réhabilitation. J’ai deux enfants qui tweetent.

J’espère qu’ils pourront exercer leur libre expression sans avoir à subir les fautes de leur père. La justice et la presse doivent prendre en compte ma bonne volonté : j’ai rendu mon Waterman aux mains de la police, et mon papier filigrané ne fera plus de victimes. J’en ai fait don à l’Afrique.

Dorénavant,  je tweete comme tout le monde. Le monde est formidable.

Clément V.

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Un commentaire pour Tweet Not

  1. Augustin B. dit :

    Clément, j’ai un plan d’un cultivateur de papyrus clandestin. C’est un peu risqué mais c’est tellement bon…
    Augustin B.

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