Gérard Depardieu vous souhaite de copieuses fêtes de Noël !


Nouvelle image

Les récentes mesures fiscales du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ont marqué une rupture avec la politique du gouvernement de François Fillon en faveur des rentiers et des plus riches. Elles ont surtout permis de focaliser le débat non plus sur l’immigration, mais sur l’émigration, comme en 1789 quand les nobles et autres privilégiés fuyaient la patrie révolutionnaire et l’égalité des droits pour aller chercher refuge à l’étranger.

Au sein de ce débat sur les évadés fiscaux, la sortie de Gérard Depardieu en Belgique occupe une place centrale et symbolique. D’abord parce que les forces politiques jouent à front renversé : le premier ministre de gauche juge « minable » l’attitude de Gégé et la droite prend fait et cause pour un mauvais patriote.

Même Libération y consacre plusieurs une, du « Manneken fisc » le 11 décembre 2012 à l’« Affaire Depardieu : jeu de rôles » du 22 décembre. Dans ce dernier numéro, plusieurs personnalités du spectacle évoquent l’affaire Gérard Depardieu. Au milieu des pour et des contre, des prudents qui ne prennent pas parti, de celles et ceux qui veulent d’abord se souvenir du grand homme ou de l’immense comédien… je retiens les constats de Benoît Jacquot : « Évidemment, il va toujours dans le même sens de la pente, celui de la descente » et de Stéphane Guillon : « Et puis il y a une dimension chez Depardieu qu’il ne faut pas oublier : il est dans une forme de suicide ».

Je me rappelle alors le texte de Pierre Desproges, publié post mortem, sur Serge Gainsbourg. Desproges comparait le Gainsbourg finissant sur scène, alcoolique au dernier degré, devant un public qui en redemandait, à Chaminade, un homme à tout faire d’un village limousin de son enfance qui distrayait les villageois du spectacle de sa destruction. « Quoi de plus aimablement divertissant, en effet, pour un honnête homme, que le spectacle irrésistible d’un être humain titubant dans sa propre pisse en chantant Le Temps des cerises ? ». Quant à Gainsbourg, « un parterre de nantis bagués et cliquetants l’encourageait bruyamment à tourner autour de rien en massacrant les plus belles chansons nées de son génie »… La décision de Gérard Depardieu est bien « minable », égoïste, provocatrice… mais est-ce une raison pour proposer un dernier chocolat à notre Mister Creosote national ?

Marc Gauchée

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