Sans nous : le monde d’après (2/2)… après quoi au juste ?


Bon… j’en étais où ? Ah oui ! La vie sans nous. Où ? Peu importe. Dans la « zone » de Stalker (voir Sans nous : le monde d’après (1/2), de la séduction post-apocalyptique) ailleurs, ce qui compte c’est : quand ? Enfin non, peu importe aussi, ce qui compte c’est après. Après un événement qui a tout changé, radicalement. Épidémie, cataclysme, catastrophe nucléaire, peu importe.

Stalker a été tourné dans la région de Tallinn, en Estonie, pays alors satellite de l’Union Soviétique, où eut lieu, sept ans plus tard, l’accident de la centrale ukrainienne de Tchernobyl. Un jeu vidéo fait d’ailleurs le lien entre Stalker et Tchernobyl : S.T.A.L.K.E.R.: Shadow of Chernobyl.

Revenons à la réalité. Et puisqu’il paraît qu’elle dépasse la fiction, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Le meilleur ? Cet extraordinaire documentaire de Luc Riolon, Tchernobyl: Une histoire naturelle, diffusé par Arte et visible sur Youtube.

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Alors que je le regardais, des images de Stalker me sont revenues en mémoire, les mêmes interrogations aussi ont émergé. Pourtant, à première vue, pas grand-chose à voir, sauf, peut-être, la « zone », la raréfaction des humains, les questions, scientifiques, certes, mais aussi existentielles et métaphysiques que la zone oblige à se poser, les transformations qu’elle impose (je ne parle pas là de mutations génétiques).

Réalité toujours, zoomons « près de chez vous ». Les 15 juillet dernier, des activistes de Greenpeace s’introduisent dans la centrale du Tricastin pour dénoncer les failles de la sécurité et rappeler qu’un accident est possible. L’après approcherait-il ?

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Les intrus-e-s sont en garde à vue. Si j’avais envie que mon fantasme se réalise, si je tenais à vivre quelque part après la disparition des humains, voir la beauté qui ne nous doit rien s’installer dans nos traces, je devrais me réjouir qu’on les fasse taire. Mais ma misanthropie ne va pas jusque là et, passée l’adolescence, tout le monde sait que la force et la beauté d’un fantasme résident dans son irréalité. Je n’ai pas vraiment envie de voir le monde sans humain, finalement, et je préfère rester, si possible, dans un monde d’avant la catastrophe, dans lequel l’après est un fantasme. A bien y réfléchir, il faut que l’après reste dans ma tête. Et au cinéma !

Anne Toromanoff

Post-scriptum nécrologique :

  • Richard Matheson, l’auteur du roman de 1954 Je suis une légende, adapté plusieurs fois au cinéma, est mort le 25 juin dernier.
  • D’après Wikipédia, « Plusieurs membres de l’équipe de tournage [de Stalker] sont morts quelques années après celui-ci de cancer, ce que Vladimir Sharun (responsable de la prise de son) attribue dans une interview à la forte pollution industrielle des différents lieux de tournage autour de Tallinn. » Tournage de deux années sur une zone très polluée.
  • Impossible de connaître avec précision le nombre de milliers de victimes des suites de la catastrophe de Tchernobyl.
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