Y-a-t-il un Pilote dans Libé ?


Libération va mal. La une du 8 février 2013 consacrée à la tempête actuelle pourrait presque se résumer ainsi :

« C’est une mutation », disent les actionnaires, « Il faut faire des économies sur le personnel et diversifier nos activités en s’appuyant sur la marque Libé. Bref changer de modèle pour en sauver l’esprit ! ». « Mais non, mais non », rétorque la majorité des personnels, « Ce n’est pas une mutation, c’est une crise et ce qu’il faut, c’est une ligne éditoriale clarifiée, une nouvelle direction et de nouveaux investisseurs pour garder le modèle et l’esprit ! » (Ceci n’est qu’un trop bref résumé, les développements sont ).

En octobre 1978, Pilote alertait également l’opinion avec une couverture sans image : « Pilote n’est plus un journal ». Le mensuel avait en effet été radié par la commission paritaire des publications et des agences de presse, lui interdisant ainsi de bénéficier de tarifs spéciaux notamment pour sa distribution. Ladite commission se faisait l’écho de la colère de Raymond Barre, furieux de se voir caricaturé en gros bébé joufflu par Castro sur la couverture du numéro de septembre.

PiloteLibe

Devant les multiples protestations, la commission paritaire dut revenir sur sa décision et Pilote continua à paraître. Guy Vidal, alors rédacteur en chef de Pilote, y voyait une tentative d’« assassinat par le fric ». Aujourd’hui, ce n’est pas seulement le fric qui menace Libération. Lecteurs quasi-quotidiens, Libération a tendance à plus agacer qu’à stimuler : des allers-retours éditoriaux (être obligé d’aller sur le net pour lire l’actualité de 2013 avec le numéro anniversaire du 30 novembre 2013 consacré uniquement à l’actualité de 2053, puis le numéro du 21 décembre 2013 qui vante l’avenir de l’écrit et du papier !) ; des titres où le plaisir du jeu de mot l’emporte sur le contenu de l’article (« Prostitution : une loi racoleuse », le 11 novembre 2013, alors que les témoignages rapportés de prostituées étaient beaucoup plus intelligents et nuancés) ; des unes nécrologiques à répétition (Stéphane Hessel le 28 février 2013, Daniel Darc le 1er mars 2013, Jérôme Savary le 6 mars 2013 et Hugo Chavez le 8 mars 2013) qui font prendre conscience que le journal vieillit ; du retard à l’allumage (la une et l’entretien consacrés à Hayao Miyazaki le 11 janvier 2014 alors que Télérama avait fait de même dès le 4 janvier 2014) ; des pages « culture » incompréhensibles sauf sur le cinéma ; un supplément Next réduit à une pompe à fric publicitaire.

Pourtant nous ne nous réjouissons pas de ses difficultés financières et éditoriales, parce que c’est notre journal, celui que nous lisons. Les jours qui viennent vont être décisifs. Journalistes, dirigeants, financiers, au boulot ! Et longue vie à Libération !

CinéThinkTank

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