« Sept ans de réflexion » et « Certains l’aiment chaud » : quand Billy Wilder fait son propre commentaire


Le 30 octobre 2014, j’étais invité à la très belle Librairie du cinéma du Panthéon pour présenter mon enquête sur La Robe de Marilyn (Éditions François Bourin, 2014). La soirée s’est déroulée en trois temps. D’abord un temps de dialogue avec Frédéric Damien, le libraire passionné qui avait préparé un jeu de questions-réponses à partir des chapitres de mon livre. Puis, un temps d’échanges avec les lecteurs présents, quand chacun alimente le mythe de Marilyn avec ses propres souvenirs et son propre parcours. Enfin un temps de signatures, plus intime, où chaque personne se livre encore un peu plus : là un jeune homme me confie tout bas qu’il veut offrir l’ouvrage à une jeune femme ; là un cinéphile tient à partager une nouvelle référence pour nourrir mon enquête…
C’est de cette dernière référence dont il est question ici : le cinéphile m’invite à faire un parallèle entre deux scènes de films de Billy Wilder, celle où la robe de Marilyn s’envole dans Sept ans de réflexion et celle où sa robe ne s’envole pas dans Certains l’aiment chaud.

BillyWilderDans Sept ans de réflexion, la « girl » interprétée par Marilyn Monroe s’amuse du vent provoqué par le métro qui passe en sous-sol et qui fait virevolter sa robe. Dans Certains l’aiment chaud, Sugar Kane Kowalczyk, interprétée par la même Marilyn Monroe, apparaît sur le quai d’une gare dans une robe étroite, l’obligeant à faire de petits pas, la locomotive lâche un jet de vapeur, l’obligeant à faire un écart.
Le parallèle est évident : la cause du souffle est toujours ferroviaire et les mâles présents profitent toujours du spectacle. Mais Billy Wilder joue surtout avec les oppositions : la robe blanche est devenue noire ; les ailes sont devenues une gaine ; le jeu dans la rue est devenue une gêne dans la gare ; la joyeuse liberté est devenue une contrainte.
Quatre années séparent ces deux films. En 1959, Billy Wilder s’est amusé à commenter la scène de son film de 1955 qui est déjà devenue un cliché. Il faisait ainsi un commentaire de sa propre filmographie et un joli clin d’œil aux spectateurs… qui n’ont pas échappé au cinéphile de la Librairie du cinéma du Panthéon.

Marc Gauchée

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