« 1900 » : Quand l’extrême-droite se fait chaton


Le chat, du fait de sa douceur, n’a jamais été associé à l’extrême-droite. Dans La Bête est morte (1944) de Victor Dancette et Edmond-François Calvo, les nazis allemands sont représentés sous forme de loups alors que les fascistes italiens sont des hyènes et les impériaux japonais sont des singes. En fait ce sont les Iraniens qui sont dessinés sous les traits des chats. Du point de vue des démocrates ou des républicains de tous les pays, il n’était alors jamais question de représenter les forces de l’Axe ou l’extrême-droite sous les traits d’animaux sympathiques.

Attila (Donald Sutherland), le contremaître mussolinien de 1900 (de Bernardo Bertolucci, 1976), n’hésite pas à écraser d’un coup de tête un chat qu’il compare au communisme : « Le communisme est adroit. Il vous attrape au sentiment comme ce joli petit chaton ».

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Et si, dans Mauss (d’Art Spiegelman, 1986-1991), les nazis sont dessinés sous l’aspect de chats, c’est d’abord parce que les Juifs sont représentés par des souris, l’auteur reprenant à son compte les images véhiculées par la propagande antisémite. Et en ce cas, le chat se caractérise par son sadisme, jamais par sa tendresse, ni par sa douceur.

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Mais dans la guerre culturelle actuelle que livre l’extrême-droite française pour se couper de toute filiation historique sulfureuse, une récente anecdote est venue mettre à mal ces catégories animalières. En septembre 2014, les journaux ont ainsi rapporté l’histoire suivante : le chien de Jean-Marie Le Pen aurait dévoré la chatte de sa fille, Marine, dans le domaine de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) précipitant le départ de cette dernière vers sa propre résidence à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines) ! Sans tomber dans une interprétation psychanalytique humaine d’un fait divers avant tout animalier, le parallèle est tentant. Et la mort de la féline filiale dévorée par le canin paternel illustrerait alors la menace toujours présente de ce père accro aux dérapages, décidément infréquentable, « indédiabolisable » et « imbanalisable ». Reste à savoir si un coup de boule va suivre et qui, du père ou de la fille, le donnera.

Joe Gillis

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