La « Trilogie sexuelle » de Michael Douglas (3/3) : Meredith Johnson (Demi Moore), celle qui croyait gagner à la fin


Harcelement

Dans Harcèlement, Meredith Johnson (Demi Moore) avait pourtant tout pour réussir : le soutien de son patron qui l’a nommée vice-présidente à la place de Tom Sanders (Michael Douglas) ; des compétences de négociatrice pour la fusion de son entreprise Digicom avec Conley-White et un indéniable talent de manipulatrice, un vrai mec quoi ! … Avec, en plus, un physique de rêve qui emporte tout sur son passage. D’ailleurs, confondue par Tom, elle se demande pourquoi elle, n’aurait pas le droit de se comporter comme les hommes.

Parce que les hommes ne sont pas au mieux de leur forme dans Harcèlement. Il y a le chômeur largué qui regrette qu’« avant on s’amusait avec les secrétaires, aujourd’hui elles vous piquent votre place ». Il y a le collègue qui évoque les Amazones et la prise de pouvoir par les femmes comme « la prochaine étape de l’évolution humaine ». Et puis il y a Tom Sanders, habitué à donner une tape avec ses dossiers sur les fesses de sa secrétaire Cindy Chang (Jacqueline Kim), mais manquant d’autorité même avec sa fille (il n’arrive pas à l’obliger à mettre son manteau pour sortir), ne trouvant rien d’autre à dire à sa femme quand il est accusé de harcèlement que « J’étais coincé, qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? », enfin, se demandant devant son avocate qui rappelle que le harcèlement implique un abus de pouvoir : « Et quand ai-je eu le pouvoir ? »

Les femmes, au contraire, semblent avoir pris le pouvoir. Meredith, lorsqu’elle piège Tom, lui ordonne : « Allonge-toi, c’est moi qui vais te prendre ! » et « Maintenant tu t’allonges et tu me laisses être le patron ! » Tom n’aurait jamais pu déjouer le complot industriel caché par l’affaire de harcèlement sans l’aide anonyme de Stéphanie Kaplan (Rosemary Forsyth)… C’est d’ailleurs cette dernière qui gagne à la fin en prenant le poste de Meredith et en nommant Tom comme adjoint. Quand, en 1994, des villes comme Versailles et Aix-en-Provence ont retiré de leurs murs les affiches de Harcèlement parce qu’il y était écrit: « Le sexe, c’est le pouvoir », elles ont cru que c’était une histoire de cul alors que c’était une histoire de pouvoir et de manipulation où le sexe n’était qu’un moyen comme un autre de parvenir à ses fins… et où, comme par hasard, celle qui se sert du sexe ne gagne pas à la fin : « Je n’ai fait que jouer un jeu dont les hommes ont fixé les règles et je suis punie pour ça ».

Marc Gauchée

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