Le Journal des hardes


UnTramwayNommeDesir

À partir de 1988 sur Canal+, Philippe Vandel a enfin fait quitter aux t-shirts le domaine du moite, façon intello avec Marlon Brando dans Un Tramway nommé désir (d’Elia Kazan, 1951) ou façon voyeurisme avec les concours de camisetas mojadas espagnols.

ConcoursTShirtsMouilles

L’ancien collaborateur d’Actuel s’affichait ainsi avec des créations originales provoquant depuis, sur les forums du net, la question rituelle de tout internaute qui veut se la péter : « Mais où Philippe Vandel trouvait-il ses t-shirts ? ». Les sites de ventes se sont bientôt multipliés, legallodrome.com ou encore lapolemik.com… Des concours de créateurs recueillent le vote des internautes. Ou encore, il est désormais possible de télécharger son motif, de choisir ses couleurs, de personnaliser !

L’industrie culturo-vestimentaire permet ainsi de se distinguer à prix raisonnable, d’envoyer des signes à son entourage tout en étant quasiment sûr que le voisin ne portera pas le même. Parce qu’avoir recours aux t-shirts clés en main comporte des risques quand on veut entretenir son côté rebelle individualiste :
– Les boules quand j’ai vu que Felix portait le même t-shirt du Che que moi à l’anniversaire de Samantha !
– Et en plus, il est fabriqué en Chine !
Ou alors, c’est assumer son appartenance à une même communauté, aux happy few :
– Je savais pas que Kevin était aussi inquiet du changement climatique !
– Ouais, il se fournit aussi sur fuckforforest.com.

Le t-shirt est ainsi entré dans notre vie de communication personnelle jusqu’à être mis à toutes les sauces. René Galy-Dejean, trésorier de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, a justifié le dépôt de 10 millions de francs (1,5 millions d’euros) en grosses coupures sur le compte du candidat par la vente de t-shirts. Comme le rappelle Philippe Vandel dans Le Grand livre des casseroles : ce que les politiques aimeraient qu’on oublie (éditions Fetjaine, 2012) : « Admettons que le t-shirt était vendu 10 francs. Pour atteindre la somme il aurait fallu en vendre 1 million ! Ce qui reviendrait à dire qu’un Français sur soixante possèderait l’un de ces t-shirts ». Et il y en a qui diront, après, que la France n’est pas pop culture ?

Joe Gillis

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