Le théâtre devient-il aussi con que le cinéma ?


C’est la question que l’on se pose en voyant cette affiche d’un des spectacles présenté en ce moment au festival Off d’Avignon.  L’affiche a été signalée à la rédaction par une lectrice festivalière suite à la publication de la série « Où sont les femmes ? ».

Jusqu’à présent les pubards de théâtre se contentaient de faire des affiches moches, mais s’ils se mettent à imiter les pubards du cinéma, ils tombent dans les mêmes clichés et la femme se retrouve donc sans tête !

RoyaleLegende

« Eh ! C’est de l’humour, du clin d’œil, du décalage ! », diront les graphistes forcément inspirés. « Ben oui, quoi, Marie-Antoinette a été guillotinée, elle a perdu la tête, en vrai, tu saisis, coco ? On n’a fait que faire une allusion à son destin ». N’empêche. Le théâtre qui se veut souvent plus « intello » que le cinéma n’est pas obligé d’avoir recours à cet humour littérale (plus que littéraire) à la Max Pecas (même si c’est plus soigné visuellement). Comme nous l’écrit notre lectrice festivalière « D’accord, elle, elle a eu la tête coupée, mais quand même ! ». « Quand même », oui, parce que, finalement, ce visuel confirme que pour qu’une femme ait une chance de figurer en entier sur une affiche, il vaut mieux que ce soit le chevalier d’Éon, c’est-à-dire un homme qui s’habille en femme.

Marc Gauchée

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Un commentaire pour Le théâtre devient-il aussi con que le cinéma ?

  1. Pour compléter cette série d’analyses très pertinentes sur les femmes à tête coupée, et élargir à l’art, souvent maltraité par les affiches, du graphisme, une petite citation de Victor Vasarely, plasticien d’origine hongroise, qui fut aussi publicitaire (il créa notamment le logo-losange de Renault).
    « Si je compare la publicité à une langue, le trait, les formes et les couleurs en constitueraient l’alphabet. »
    Comme un texte donc, une image se compose selon des règles. Si elles sont méconnues, deux hypothèses. Soit le créatif a atteint un niveau tel de maîtrise qu’il peut sans dommage les enfreindre, soit (cas le plus fréquent), il les connaît mal voire pas du tout. Il me semble que pour la plupart des affiches du festival Off d’Avignon, nous nous situons, hélas, dans cette seconde hypothèse. C’est un grand gâchis de temps, de papier, de colle, et cela fait mal aux yeux. C’est fort dommage car il y aurait sûrement de fructueux partenariats à inventer (avec des écoles d’art appliqués par exemple) pour parvenir à des créations visuelles de qualité. L’art commencerait alors vraiment dans la rue et cela limiterait le nombre d’affiches sans queue ni tête !
    Une lectrice festivalière

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