« Vicky » ou le retour de l’affiche à papa


Vicky

On aura beau vouloir nous faire croire que la publicité émancipe et brise les tabous, qu’elle est courageuse, défricheuse ou, pire, créative même… les pubards responsables des affiches cinématographiques demeurent désespérément pavloviens. Ainsi, quand il s’agit de représenter une femme qui, par son caractère (bon ou mauvais), son physique (toujours à tomber par terre) ou sa liberté (carrément masculine), menace le doux ronron d’un homme, d’une famille ou d’un État, le visuel est toujours le même : de grandes jambes encadrant les pauvres victimes. Il suffit d’aller revoir la compilation de Christophe Courtois.

Vicky de Denis Imbert (2015) qui raconte l’émancipation d’une femme (Victoria Bedos) n’échappe pas à la règle. Les jambes en skaï moulant dans une pose qu’on devine de défi avec les mains sur les hanches, surplombant le couple bourgeois dont rien ne manque, ni la robe de chambre pantouflarde, ni le chien imposant, ni le mari les yeux levés vers sa fille dominatrice, ni l’épouse portant la culotte, elle aussi, parce qu’une fille qui conquiert sa liberté, ça lui vient forcément de sa mère.

Et ce visuel « à la papa » nous place alors devant un choix quasi-cornélien : mais pourquoi donc aller voir un film sur l’émancipation d’une femme si l’affiche dudit film est la promesse de retrouver tous les clichés habituels sur le sujet ?

Marc Gauchée

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