[Sur les traces de] Mireille Darc dans La Bride sur le cou


Dans le n°19 (juin 2016) de Schnock consacré à « Mireille Darc », l’entretien entre la comédienne, Alister et Sylvain Perret nous apprend (p.31) que Mireille Darc admire Brigitte Bardot : « Elle est pour moi une référence. Je la trouve à tomber par terre. Elle est extraordinaire, et je le pense toujours. C’est certainement la plus belle femme que j’ai rencontrée de ma vie ». Cet admiration pour BB est telle que lorsqu’elle évoque leur rencontre sur le tournage de La Bride sur le cou (de Roger Vadim, 1961), Mireille Darc affirme : « C’est de la figuration. Je ne parle pas ». Les intervieweurs de Schnock rectifient : « Si, vous avez quelques échanges », Mireille Darc s’étonne : « Je parle ? » et ils concluent : « Vous êtes son assistante. Ce n’est pas une tirade, mais vous échangez quelques répliques ». Voilà notre curiosité piquée au vif : devant tant de divergences de souvenirs, quel est le rôle exact de Mireille Darc dans La Bride sur le cou ? Fastoche. Il suffit d’aller visionner le film…

Mireille Darc incarne Marie-Jeanne, l’assistante, non de Sophie (Brigitte Bardot), mais de Philippe (Jacques Riberolles) qui dirige un studio de photographies et est le petit ami de Sophie. Elle apparaît à trois reprises dans le film. Même si elle est créditée dès le générique de début, son rôle sert avant tout à faire passer des informations utile pour l’intrigue, mais sans participer véritablement ni à cette intrigue, ni aux chassés-croisés amoureux.

D’abord dans une des premières scènes. Alors que Sophie est arrivée au studio Belmas en retard, elle se prépare pour une séance de pose, se déshabille vite et lance un vêtement sur Marie-Jeanne qui arrive en mangeant une pomme. Elle s’excuse (Oh pardon Marie-Jeanne).

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Marie-Jeanne l’aide à enlever ses bottes et lui rappelle, plus tard, avant qu’elle aille poser :

Eh, ton pantalon ?

L’information utile donnée par Marie-Jeanne sert à révéler des traits de caractère de Sophie : libre, décomplexée et quelque peu distraite.

La deuxième apparition de Mireille Darc se passe dans la chambre de Sophie. C’est le matin, la veille, Sophie et Philippe ont rompu et Alain (Michel Subor), témoin de la scène dans un bar, a accompagné Sophie jusqu’à chez elle. Il y a même passé la nuit, en tout bien tout honneur. Quand Marie-Jeanne arrive, Alain se cache entre le sommier et le matelas.

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La scène dure 3 minutes et Marie-Jeanne est venue révéler quelques vérités à Sophie : « Philippe m’a demandé de reprendre le studio pendant 15 jours » ; « Philippe quitte Paris ce soir pour Villard-de-Lans, il m’a demandé de lui prendre deux wagons-lits » ; «  Il emmène Barbara Wilbury, tu entends, Barbara Wilbury. Il y a un mois qu’il lui tourne autour, je ne voulais pas te le dire » ; « Tu sais, dans le fond, Philippe n’était pas fait pour toi. Ni toi pour lui » ; « Crois-moi, tu as été un accident dans sa vie, un accident charmant, mais un accident » ; « Contre Barbara Wilbury, tu n’as aucune chance » : « Tu sais ce que ça représente les Wilbury en Amérique ? Des millions de dollars et la moitié des abattoirs de Chicago » ; « Ton Philippe n’est pas aussi difficile que toi, il s’est vanté de l’épouser ». Encore quelques mots de réconfort et elle sort.

L’information est là particulièrement utile puisqu’elle marque le début de la vengeance de Sophie.

La dernière apparition de Mireille Darc est lorsqu’Alain passe au studio pour avertir Philippe que Sophie est décidée à tuer Barbara (Joséphine James). Il croise Marie-Jeanne. Philippe finit par s’inquiéter et demande à Marie-Jeanne où est le fusil. Elle lui répond : « Devant toi, dans son étui », mais l’étui est vide. Puis Marie-Jeanne explique que Sophie est passée « Deux minutes », « Elle avait oublié un truc, elle est repartie en coup de vent ».

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L’information utile permet de mesurer l’avancement du « plan » de Sophie. Certes. Mais, ces trois apparitions restent très mineures, ce qui explique sans doute pourquoi le temps qui passe -c’était il  y a 55 ans !- a encore amoindri le sentiment de leur importance.

Marc Gauchée

(L’entretien complet de 29 pages ! est à retrouver dans le n°19 de Schnock)

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