« La Robe de Marilyn », l’enquête continue (4)


Depuis la parution de mon essai, La Robe de Marilyn, enquête sur une envolée mythique (François Bourin, 2014), le mythe de la robe soulevée par le vent, inspirée de la célèbre scène de Sept ans de réflexion (de Billy Wilder, 1955), poursuit sa vie…

Le « Moment Marilyn » comme preuve d’humanité de la famille royale

Le 11 avril 2016, le couple princier, William et Kate, vient rendre hommage à Gandhi dans ce qui fut sa dernière résidence de Birla House. Or le vent souffle ce jour-là, si bien que la presse se fait l’écho d’un de ces « moments Marilyn » dont la princesse Kate a le secret. Car, depuis des années, chacune de ses sorties est guettée par les Paparazzis attendant, comme le personnage de la chanson qu’« Une saute de vent soudaine/ Jeta ses habits dans les nues » (Dans l’eau de la claire fontaine, Georges Brassens, 1961).

Pour rester du côté de Georges Brassens, il faut reconnaître qu’accompagnée de son mari, Kate croise souvent « le vent fripon » et doit donc tout aussi souvent prendre « garde à [son] jupon » (Le Vent, 1953). N’empêche, un simple coup de vent et voilà le couple princier, si propret et si souriant qui montre tout ce qu’il veut cacher.

En fait ces nombreuses images ne servent pas à se rincer l’œil en remontant le long des jambes d’une belle princesse. Elle servent avant tout la communication d’une monarchie entretenue à grands frais de l’autre côté de la Manche : le vent qui trouble le bel ordonnancement de l’étiquette royale humanise la famille de la reine Élisabeth, c’est le détail qui brouille un tout petit peu l’impeccable ordonnancement, la perfection du protocole et de l’étiquette, mais sans en déranger, si j’ose dire, le fondement.

Les autres princesses anglaises connurent d’ailleurs ces mêmes clichés comme autant de passages obligés, que ce soit Diana, princesse de Galles ou Sarah, duchesse d’York, toutes deux divorcées de leurs princes respectifs.

Mais pour revenir à Kate, le cliché du vent soulevant la robe à la descente d’avion en Nouvelle-Zélande, le 6 avril 2014 conforte exactement le rôle du « moment Marilyn » pour la famille royale. Cet épisode est la copie exacte des publicités, en dessin puis en photographie, pour les sous-vêtements Sarong qui s’affichent depuis les années 1950 !

C’est ainsi que le « moment Marilyn » répond au même mot d’ordre que déchiffrait Roland Barthes dans Mythologies (Seuil, 1957) au sujet du magazine féminin Elle : « Prenez des accommodements avec la morale de votre condition, mais ne lâchez jamais le dogme qui la fonde ». Autrement dit, une princesse doit être belle et le montrer ! Ou encore, dévoilez vos jambes innocemment (c’est la faute au vent !), mais restez des princesses ! C’est aussi pour cela qu’il faut au moins s’aventurer dans l’humour publicitaire pour découvrir le sosie de la reine Élisabeth dans un « moment Marilyn »…

Et puis Closer publia les photographies de la princesse Kate seins nus, l’intérêt se porta alors sur le haut, mais sans élever le débat.

Marc Gauchée

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