« Django » ou la renaissance de l’amour au pays du western spaghetti


DjangoPoids

La première image de Django (de Sergio Corbucci, 1966) est celle dudit Django (Franco Nero) traînant un cercueil qu’il fait glisser sur le sol boueux. Que contient ce cercueil ? Plusieurs personnes cherchent à le savoir. Mais Nataniele (Ángel Álvarez) le patron du saloon hôtel comme ses prostituées se heurtent à un mur. Django ne dira rien. Il faut attendre l’arrivée des 40 hommes du Major confédéré Jackson (Eduardo Fajardo) pour que Django extrait une mitrailleuse du cercueil et bousille presque tous ces méchants.

Mais Django, taciturne et déterminé, traîne un autre cercueil, dans sa tête celui-là. Il confie à Nataniele que les hommes de Jackson ont tué la femme qu’il aimait. Entre cercueils visible et invisible, le film de Sergio Corbucci, au-delà de l’anecdote d’un justicier débarrassant une ville de ses tueurs et racketteurs, raconte aussi une histoire plus intime, celle de la renaissance amoureuse du héros : il arrive hanté par le souvenir triste de son aimée assassinée et un désir de vengeance, à la fin, il a rencontré Maria (Loredana Nusciak), redécouvert l’amour et promet même de partir avec elle.

D’ailleurs, le couple n’en finit pas de se protéger et de se sauver. Dans l’une des toutes premières scènes, Maria, mi-Mexicaine, mi-Yankee, est poursuivie à la fois par deux bandes d’affreux : les Mexicains du Général Hugo Rodriguez (José Bódalo) et les hommes masqués du Major Jackson. Django se contente d’abord, attentif mais lointain, de voir les quatre Mexicains qui fouettaient Maria se faire descendre par les 5 hommes du Major, puis il intervient et élimine ces 5 Yankees qui s’apprêtaient à brûler Maria ! Et notre héros de conclure : « Je m’appelle Django. Tant que tu seras avec moi, personne ne te fera de mal ».Tout au long de l’histoire, les métaphores pleuvent : le cercueil, désormais chargé d’or dérobé, disparaît dans un marais où Django aurait aussi pu périr sans l’aide de Maria. Puis Maria, blessée gravement, est ramenée parmi les vivants par Django qui la porte vers les soins dans le saloon de Nataniele. Django ne traîne plus un cercueil, il porte Maria ! Enfin le duel final a lieu dans un cimetière où Django élimine le Major Jackson, comme un enterrement définitif de son histoire d’amour défunte.

Pour Django, le temps est venu d’embrasser la vie et, débarrassé de tous ses cercueils, de rejoindre Maria.

Marc Gauchée

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