[Chrono] 1932/ La Mariée bourgeoise est une zombie


Zombies

Les Morts-vivants (White Zombie) de Victor Halperin marque, en 1932, la première apparition des zombies sur grand écran (sauf si les morts au combat qui sortent de leur tombe dans J’accuse d’Abel Gance, en 1919, sont considérés également comme des zombies).

Le film de Victor Halperin raconte comment un jeune couple, Neil Parker (John Harron) et Madeleine Short (Madge Bellamy), est invité dans une plantation haïtienne par une connaissance, Charles Beaumont (Robert Frazer), pour y célébrer leur union. Mais Charles est amoureux de Madeleine et espère pouvoir la persuader de l’épouser. Repoussé, il s’adresse alors à un maître vaudou blanc, Legendre (Béla Lugosi), pour qu’il fasse d’elle une zombie…

La transformation se fait en deux temps. D’abord la victime doit absorber ou respirer une drogue qui simule sa mort. Elle est enterrée. Puis le corps est déterré et ramené à l’état zombiesque par Legendre et ses sbires (d’autres zombies) : le zombie se caractérise alors par un regard fixe, des gestes lents et par l’absence de volonté propre.

C’est d’ailleurs tout le problème de Charles avec sa Madeleine. Car comment est Madeleine zombifiée ? En fait, elle se comporte comme une parfaite petite épouse bourgeoise et dépressive : elle joue du piano les yeux dans le vague ; quand Charles lui offre un collier, elle l’accepte sans dire un mot, ni manifester le moindre intérêt ; elle va là où on lui dit d’aller et suinte l’ennui.

La femme au piano est un classique de cette imagerie bourgeoise mêlant délicatesse, amour des arts, inactivité professionnelle et féminité ! Mais Charles n’aspire pas à ce bonheur de façade, il aime vraiment Madeleine. Si bien qu’il avoue à Legendre : déçu par Madeleine en zombie, il veut qu’elle redevienne comme avant, quitte à la perdre.

Bref, ce que nous apprend le film de Victor Halperin, c’est qu’une zombie ne fait pas l’affaire en matière sentimentale. Remarquons qu’en revanche, dans le film, les zombies sont parfaits en matière économique : ils travaillent docilement dans les champs et les distilleries et, comme Legendre s’en vante : ils n’ont pas d’horaires !

Marc Gauchée

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