[La Scène qui déchire] L’instrument musical de Dominique Aveline


Dans Les petites écolières (de Frédéric Lansac alias Claude Mulot, 1980), Dominique Aveline (1940-2009) interprète le sévère Monsieur Charles,  surveillant général du « Cours privé Les Mimosas ». Vêtu d’une blouse bleue, il frappe souvent sa règle dans sa main pour impressionner les élèves.

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De père gitan et de mère normande, abandonné et placé en orphelinat, Dominique Aveline fait le bataillon d’Afrique avant de se lancer dans les spectacles pornographiques. Didier-Philippe Gérard (alias Michel Barny), réalisateur notamment de Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maude et Richard (1976) et des Hôtesses du sexe (1977), l’appelait « le Martien ». Certes parce qu’« il n’avait pas la tronche du héros du film, il l’a toujours su, donc il a fait tous les petits rôles ». Mais plus vraisemblablement parce qu’« il était une vraie machine : tu lui disait ‘moteur’ il bandait, tu lui disait ‘coupez’ et il était au repos » (cité dans Brigitte Lahaie. Les films de culte, Cédric Grandguillot et Guillaume Le Dissez, Glénat, 2016). Autant de qualités nécessaires au cours privé Les Mimosas. Car la patronne (Brigitte Lahaie) est une mère maquerelle reconvertie dans l’éducation sexuelles de jeunes femmes. Et comme il s’agit d’une film pornographique, les travaux pratiques l’emportent sur les cours magistraux. Voilà donc Monsieur Charles qui sort son sexe régulièrement pour se faire prodiguer une fellation par des élèves aussi volontaires qu’appliquées.

Lorsqu’arrive le spectacle de fin d’année donné devant les maris et les amis impatients de constater combien leurs amoureuses ont profité de leur si particulier cursus, Dominique Aveline se travestit en colon britannique entreprenant une Pocahontas assez peu farouche.

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Mais, auparavant, Monsieur Charles a ouvert le spectacle l’air le plus sérieux du monde, en costume sombre et nœud papillon rouge, un xylophone d’enfant autour du cou. Il lance les festivités : il joue quelques notes en frappant l’instrument avec le sien… donnant ainsi son interprétation toute personnelle, phonétique et française de la « Beat Music ».

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Instant complètement barré qui pourrait s’expliquer comme une distance ironique et féministe par rapport à son phallus ? Après tout Didier-Philippe Gérard dit de Dominique Aveline : « C’était un fou du cul mais le type le plus féministe de tous les hardeurs que j’ai connus ». Et Brigitte Lahaie ajoute : « Il n’y a pas plus tendre que lui ». Féministe, tendre et hardeur, Dominique Aveline n’a pourtant pas poursuivi sa brève carrière de mélomane percussionniste puisqu’il s’est, ensuite, reconverti en « maître de chais dans le Bordelais » (Guillaume Barreau Decherf, « Spécial sexe : Que deviennent les stars du X ? », lesinrocks.com, 29 août 2010).

Joe Gillis

 

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