[La Scène qui déchire] Flic par dessus mais femme par dessous


Dans L’Exécutrice (de Michel Caputo, 1986), Brigitte Lahaie interprète Martine Savignac, une femme flic. Pendant tout le film, elle court, elle se bat, elle grimpe, elle tire, elle conduit, bref elle fait ce que fait toute policière lancée à la poursuite des malfrats. Et ses vêtements sont donc adaptés à tous ces mouvements : pantalon en jean ou en cuir, un blouson en cuir aussi. Normal quoi.

LExecutriceCuir

Mais alors pourquoi est-elle en t-shirt blanc et jupe courte de skaï quand elle gare sa voiture dans son parking souterrain ? Sans doute parce que, lorsque son service de policière est terminé et qu’elle rentre chez elle, elle redevient « femme ». Mouais… Sauf que, comme par hasard, c’est à ce moment qu’elle est attaquée par deux mafiosi chinois. L’un des deux la menace d’un rasoir puis découpe ses vêtements… laissant apparaître non pas une petite culotte toute simple enveloppante et pratique, mais des dessous blancs avec porte-jarretelles !

LExecutriceDentelle

Et c’est pourtant la même Martine qui déclare devant un de ses collègues : « J’aimerais bien qu’on me respecte pour ce que je suis : un flic de terrain qui connaît son métier et non pas un joujou qu’on balade de droite à gauche ». Un problème de crédibilité du personnage ? C’est le problème des « petits » films que Brigitte Lahaie a tourné après sa carrière pornographique. D’ailleurs, la comédienne en est lucide : « J’ai tourné de petits rôles dans de grands films et de grands rôles dans de petits films » (citée par Marie Huret, « Brigitte Lahaie, de Blondes humides à madone », Marianne, 14 juillet 2017).

Au lieu de suspecter la crédibilité du personnage en posant la question : peut-on vraiment être flic de choc en dessous chics ?, voyons plutôt Martine Savignac comme l’incarnation de l’idéal féminin des années 1980, là où la femme vantée par Michel Sardou avait « réussi l’amalgame de l’autorité et du charme » (Être une femme, 1981). Ses tenues forment le syncrétisme parfait entre Didier Barbelivien qui, en 1980, faisait en musique le portrait d’Elle, « moitié velours, moitié dentelle » et d’ Alain Souchon qui chantait en 1986, J’veux du cuir.

Marc Gauchée

Publicités
Cet article, publié dans Passerelles entre les arts, Pipole, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s