[Comme un écho] De Karine en hard à Juliette en soft


Dans Attention fillettes !… (1981), Gérard Kikoïne raconte les vacances de Karine (Marilyn Jess) à Saint-Tropez. Ce film est à « caractère pornographique », mais il s’est également intitulé au gré de ses versions télévisuelles, soft, etc : Dans la chaleur de Saint-Tropez ; Saint-Tropez ; Vacances à Saint-Tropez et Les Vacances amoureuses de Karine. Six ans plus tard, en 1987, Max Pécas réalise son ultime film, On se calme et on boit frais à Saint-Tropez qui raconte les vacances de Juliette (Leila Fréchet) à Saint-Tropez. Max Pécas, déjà connu pour la paresse de ses scénarios, reproduit l’anecdote initiale du film de Gérard Kikoïne.

En 1981, Karine fait croire à ses parents que sa copine Brigitte (Mika Barthel) l’invite en Bretagne dans le manoir familial du XVIIe siècle, ce qui impressionne ses parents et les incitent à accepter de voir partir leur fille ainsi protégée par ces siècles de traditions et d’histoire. En 1987, Juliette abandonne sa préparation des examens de septembre à Pornichet pour rejoindre son petit ami à Saint-Tropez.

En 1981, Karine et Brigitte partent en taxi. Dans le véhicule, Brigitte se change et dévoile sa poitrine. En 1987, Juliette se change aussi dans le taxi et dévoile son soutien-gorge pour adopter une tenue plus méditerranéenne.

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Karine et Juliette ont toutes les deux recours à des stratagèmes pour duper leurs parents. Karine peut compter sur Brigitte qui a prévu qu’une copine en Bretagne envoie des cartes signées par Karine à ses parents. Bien sûr, Attention fillettes ! … préfère ensuite multiplier les scènes de cul plutôt que de développer cette piste narrative. C’est ainsi que Karine n’écrira aucune carte pendant le film, mais téléphonera à plusieurs reprises à ses parents tout en se faisant tripoter par des mecs qui profitent de la situation : « Ah vous êtes cons les mecs, c’est mon père ! ». Quant à Juliette, elle se déguisera avec des tenues plus atlantiques que méridionales pour envoyer des photographies à ses parents et ainsi leur faire croire qu’elle est en Bretagne. Juliette téléphone aussi à ses parents, mais depuis une cabine téléphonique et avec ses potes qui imitent une ambiance bretonne en fond sonore.

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Le fait de recycler quasiment la même anecdote initiale, le même prétexte pour déshabiller les actrices et quasiment les mêmes gags téléphoniques (et téléphonés) montre à quel point Max Pécas était à court d’inspiration, condamné à ressasser les vieilles recettes. Le public ne s’est pas précipité en masse voir On se calme et on boit frais à Saint-Tropez. Car, en 1987, Saint-Tropez était décidément trop « calme » et plus vraiment « frais ».

Marc Gauchée

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