Sur deux films : « À genoux les gars » et « Haramiste »


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Il s’agit de films que je ne saurais trop vous inciter à voir et à discuter même si, à mon avis, ils ne montrent pas toute la gravité du problème évoqué et en sous-évaluent l’étendue des reculs récents.

Afin de montrer les différents problèmes des filles des « banlieues », le cinéaste Antoine Desrosières a réalisé ces deux films, qui ne sont qu’une partie des 5 000 heures de tournage réalisées, racontant des épisodes de la vie de deux sœurs assez différentes, Rim et Yasmina. La première débrouillarde et maligne, la seconde bien plus passive et naïve, victime potentielle de tous les pièges d’une culture machiste en vigueur dans les banlieues.

Le premier film,  À genoux les gars, raconte donc comment Yasmina s’est laissée piéger par Salim et Majid, les « petits copains » des deux sœurs et comment Rim, découvrant l’affaire, va la tirer de ce piège qui l’a mise au bord du suicide. Le scénario, avec ses différents épisodes dont certains ont servi à un feuilleton vidéo sur Internet, Yasmina et Rim. C’est l’un de ces épisodes qui a abouti au film plus court Haramiste, imaginé par le réalisateur et ses assistants, mais aussi par les différents acteurs recrutés après un long casting dans les banlieues, en particulier Souad Arsane, celle qui joue Yasmina, en essayant de lui donner un caractère de naïveté et d’ignorance qu’elle ne partage visiblement pas. C’est d’ailleurs à mon avis le seul défaut du film qui présente à la fois une vision presque trop optimiste de la situation des filles et femmes dans les banlieues revenues à une domination masculine et un obscurantisme auxquels échappent partiellement les personnages du film, et malgré tout laisse percevoir que les acteurs en sont pleinement conscients et libérés tout en faisant semblant d’y appartenir.

Il est à signaler que tous les personnages accumulent en particulier tous les préjugés anti-endoérotisme (ce qu’on appelle improprement « homophobie ») possibles, et que c’est d’ailleurs un des ressorts du film.

Il convient aussi d’apprécier la bande sonore constituée de chansons des années soixante annonçant la libération sexuelle et la marche vers l’égalité, soulignant ainsi l’importance des reculs et des espoirs non-réalisés.

Ces films sont malheureusement peu visibles. Ils étaient projetés tous les lundis et samedis, sauf erreur de ma part, au Studio Luxembourg Accatone, rue Cujas à Paris où chaque projection était  suivie d’un débat. Des projections-débats sont aussi réalisées dans les écoles et lycées du pays.

Georges Bormand

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