« 37°2 le matin », le « backlash » à la française


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En 1991, Susan Faludi publie un essai intitulé Backlash, la guerre froide contre les femmes (Des femmes, 1993). L’auteure part du constat que « De nombreux signes témoignent d’une dégradation continuelle de la condition des femmes depuis le début des années quatre-vingt ». Les avancées féministes sont remises en cause, pire, tout un discours de revanche se développe consistant à démontrer que les femmes elles-mêmes seraient les victimes de leur libération ! Or cette « revanche n’est pas déclenchée par un accès réel des femmes à l’égalité, mais par le fait qu’elles ont de sérieuses chances d’y parvenir », c’est en quelque sorte une revanche préventive.

Au cinéma, le film américain emblématique de ce « backlash » est Liaison fatale (Fatal Attraction d’Adrian Lyne, 1987) qui sort en France en janvier 1988. Voulu, au départ, comme un film féministe, les multiples réécritures du scénario le font évoluer vers un antiféminisme résolu et l’histoire devient celle d’un adultère qui tourne au cauchemar. Dan Gallagher (Michael Douglas) profite de l’absence momentanée de sa femme pour avoir une aventure avec Alex Forrest (Glenn Close) qui sombre bientôt dans la folie meurtrière. À l’arrivée, le mari est exempté de toute faute et son épouse est idéalisée. Quant à l’amante, elle est accablée et tuée par le couple réconcilié. « Force est de constater qu’il n’y a pas besoin de se tirer les cheveux pour trouver Liaison fatale fort réactionnaire » (Nicolas Bardot, filmdeculte.com, s.d.). Le film d’Adrian Lyne centré sur l’adultère et ses conséquences avec sa dose d’hypocrisie, d’ordre moral et familial, possède un caractère très hollywoodien. Chez nous, les mariages ont fini de faire rêver depuis au moins la Nouvelle Vague et, après tout, le « backlash » serait avant tout américain ! Pourtant, deux ans auparavant, en avril 1986 et en France cette fois-ci, le film 37°2 le matin (de Jean-Jacques Beineix) présente une autre « terrifiante histoire d’amour » comme le disent les affiches de Liaison fatale, une histoire qui se termine non par le meurtre, mais par l’assassinat de la femme…

Lire la suite de l’article de Marc Gauchée sur genre-ecran.net.

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