[La Scène qui déchire] Le Zizi émergeant de David Hamilton


Un été à Saint-Tropez est un film de David Hamilton (1983), sans paroles, juste avec la musique de Benoît Wideman et avec une accumulation de tous les tics esthétiques du réalisateur. C’est ainsi que le soleil se lève et se couche pendant quasiment toute la durée du film. Quant au scénario, c’est une succession de saynètes dans lesquelles sept jeunes filles en culottes d’un blanc éclatant sous des vêtements flottant passent leurs vacances dans une grande maison de l’arrière-pays de Saint-Tropez, ne font rien, rient, somnolent au soleil (levant ou couchant) et se tripotent un peu, pas trop, jamais dans de véritables relations homosexuelles mais juste ce qu’il faut pour émoustiller le voyeur à la maturité toute masculine. Le tout baigne dans des images au « flou artistique » hamiltonien, ajoutant du vaporeux aux tenues des donzelles.

Le point de vue masculin est confirmé par quelques scènes au ralenti dans le registre du genre sexploitation mais ici avec l’alibi « artistique » : quand les filles se battent à coups d’oreillers dans leur dortoir pour avoir la classique bonne bagarre entre femmes ou quand elles courent nues sur la plage pour profiter du tout aussi classique spectacle du lent balancement des chairs. Pendant leurs vacances, les sept jeunes filles prennent leur douche ensemble (encore un passage obligé dans le genre sexploitation) mais dorment en lits individuels… dans un dortoir commun tout de même.

Et les hommes dans tout ça ?

Le seul personnage masculin du film est Renaud, viril et barbu, il se marie à la fin avec Joan (toutes les actrices et acteurs ne sont crédités que par leur prénom). Pendant la cérémonie, le jeune couple vêtu de blanc est encadré par des filles (en blanc) portant des foyers au creux de leurs mains et des garçons (en blanc) portant des torches, chacun ainsi muni du symbole de son sexe, il ne faudrait quand même pas que ce soient les filles qui portent le phallus !

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Mais il y a un autre homme présent de façon symbolique dans ce film : il s’agit du réalisateur. En effet, sur la plage, la tente sous laquelle les filles se déshabillent pour aller s’ébattre nues dans la mer ou pour se caresser à l’abri des regards, a une forme, la couleur aidant, qui fait penser à un gland émergeant de la terre. Bien sûr, cette interprétation est aujourd’hui largement suggérée par les affaires de viols sur mineures qui ont été révélées avant le suicide du réalisateur et donc par l’ombre menaçante de David Hamilton. Mais le choix de cette tente mériterait une enquête pour savoir pourquoi elle a été retenue.

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En attendant, le film se termine par la cérémonie du mariage (en blanc). Après ses vacances pseudo-saphiques, la jeune mariée s’embarque en bateau avec son époux. Gageons à coup sûr que c’est pourtant lui qui va tenir la barre.

Joe Gillis

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