Quand les femmes sont « autres » au cinéma


Metropolisa

Dans Domicile conjugal (de François Truffaut, 1970), Antoine Doinel, marié à Christine Darbon (Claude Jade), est recruté pour manœuvrer des maquettes de bateaux dans un bassin artificiel d’une usine hydraulique. C’est là qu’il fait la connaissance de Kyoko Yamata (Hiroko Berghauer), fille d’un homme d’affaire japonais en visite. Antoine entame une liaison avec Kyoko. Quand Christine découvre la trahison de son mari, elle l’accueille en s’habillant à la japonaise avec un kimono et deux épingles à tricoter dans les cheveux.

Quinze ans plus tard, en 1985, Michel Lang réalise une version comique et boulevardière de cet adultère japonais d’« auteur ». C’est ainsi que dans À nous les garçons, quand Isabelle (Amélie Prévost) croit que son mari Georges l’a trompé avec une japonaise cliente de son entreprise, elle s’habille en geisha pour l’accueillir. Même cause, l’adultère qu’il soit réel ou soupçonné, même conséquence, le travestissement de l’épouse en costume japonais.

La figure de la Japonaise cumule l’exotisme, le mystère de la femme étrangère et l’éloignement avec la « bobonne » du quotidien. D’ailleurs, dans Domicile conjugal, Antoine, très délicat, tentait d’expliquer à son épouse  : « Si c’était une femme comme les autres, tu vois, je comprendrais très bien que tu sois jalouse. Mais Kyoko n’est pas une femme comme les autres, Kyoko c’est un autre continent… Tu comprends Christine… C’est un autre continent ».

L’une des représentations de l’adultère au cinéma consiste donc à montrer le mari qui se lance à la conquête d’un « autre continent », dans une aventure avec une femme radicalement différente de son épouse et, finalement, avec un personnage féminin dont l’altérité est un danger pour le ménage. Cette femme qui est « autre » attire et, en même temps, effraie et détruit. Ici, l’altérité sert d’excuse et de justification aux écarts masculins, attiré par un « ailleurs ». Mais le caractère d’altérité est porteur d’un autre discours, il sert aussi à interdire l’accès des femmes à l’égale humanité avec les hommes et, ainsi, à légitimer la domination masculine.

Lire la suite de l’article de Marc Gauchée dans le numéro spécial « Altérité » de Critica Masonica.

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2 commentaires pour Quand les femmes sont « autres » au cinéma

  1. Yves dit :

    Tu as vu Ma geisha avec Shirley MacLaine et Yves Montand ?

  2. RédacBis dit :

    De quoi parles-tu???

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