Coupez !


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[La scène qui déchire] Le plus long générique de l’histoire de la pornographie ?


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Alors que Gorge profonde (Deep Throat de Gerard Damiano, alias Jerry Gerard, 1972) est un film de 60 minutes, son générique dure 3 minutes et 53 secondes ! Or, pendant ces presque 4 minutes, la caméra suit Linda (Linda Boreman, alias Linda Lovelace) au volant de sa voiture dans les rues qui la ramènent chez elle. Il ne se passe rien d’autre.

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Pourquoi ce choix ?

Parce qu’il faut meubler pour atteindre la durée d’un long métrage ? À l’époque, beaucoup de films de série B ou Z multipliaient les plans « touristiques », de paysages, de fleurs, de scènes de rues bref de plans « gratuits » pour transformer une anecdote de 20 minutes en un véritable film de cinéma !

Ou, peut-être, est-ce la métaphore de la quête de Linda à la recherche de son plaisir ? Le retour à la maison -le générique se termine alors qu’elle gare sa voiture devant l’appartement qu’elle partage avec sa copine délurée Helen (Dolly Sharp)- signifierait bien que la solution est chez elle, en elle, même… au fond de sa gorge pour être précis, là où le docteur Young (Harry Reems) va bientôt découvrir que se loge son clitoris.

Joe Gillis

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[Chrono] 2017/ L’opposition se donne de l’air… en abandonnant la cravate


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Comment faire croire que l’on reprend la main quand un garnement de moins de 40 ans a remporté l’élection présidentielle alors que soi-même, on est proche des 70 ans ? Comment faire croire que l’on reprend la main quand on a érigé le « dégagisme » en programme électoral et que c’est ce même garnement qui le met en œuvre en obtenant la majorité absolue à l’Assemblée nationale ? Comment ? C’est simple : on enlève ce qui serre le cou ! Lacan aurait aimé ce geste qui matérialise une situation politique d’impuissance où on aimerait quand même se donner un peu plus d’air. Alors, donc, on enlève ce qui serre le cou et on refuse la cravate !

Le port de la cravate dans l’hémicycle a vraiment commencé à être remis en cause à partir de 1981. Car c’est cette année-là que le Parti socialiste (PS) obtenait la majorité absolue des sièges dans la foulée de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Les nouveaux députés se voulaient « cool » si bien que, dès le 14 octobre, le Bureau de l’Assemblée nationale rappelait l’exigence d’une « tenue correcte »  consistant, pour les hommes, en une veste et une cravate.

Bien sûr, certains ont essayé de ruser avec la règle. Le 17 avril 1985, Jack Lang, ministre de la Culture, se présente en costume à col droit créé par Thierry Mugler : « Mugler, comme Alaïa, avait réussi à donner une finesse et un envol inédit au corps des femmes. Mais, plus révolutionnaire encore, il était parvenu à réinventer la silhouette masculine. Je revenais d’Inde et j’avais une fois de plus été saisi par la beauté, l’élégance et la rigueur de ses vêtements pour homme. Je me souviens avoir dit à Thierry à quel point je trouvais le costume occidental moche et sans charme, et lui avoir demandé s’il ne pouvait pas imaginer un modèle qui s’inspire du style indien. J’ai été comblé par cette veste, si belle et austère à la fois » (cité par Éric Dahan, « Thierry Mugler, un talent monstre », vanityfair.fr, 7 janvier 2016). Mais plusieurs députés de droite s’inquiètent de cette tenue. Gabriel Kaspereit, gaulliste, demande aussitôt : « Monsieur Lang a-t-il une cravate ? » (Journal officiel, « débats parlementaires, Assemblée nationale », 18 avril 1985). Bientôt, les députés crient : « La cravate ! La cravate ! » et Gabriel Kaspereit continue : « On dirait Kadhafi ! Le carnaval est fini ! ». Le chahut s’arrête quand Jack Lang laisse entrevoir une cravate sous le col droit.

De même, en 1997, quand Patrice Carvalho, communiste, décide de siéger en bleu de travail, il n’oublie pas de porter une cravate dessous. Image reprise dans la série Baron noir de Ziad Doueiri (2016) quand Philippe Rickwaert (Kad Merad), député-maire de Dunkerque, se présente également dans l’hémicycle en bleu de travail.

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La tentative de François de Rugy, écologiste, en 2008, pour faire adopter une tenue estivale plus libre et confortable se heurte à une nouvelle décision du Bureau de l’Assemblée nationale, le 9 juillet, qui stipule que « Le Bureau a souhaité rappeler à tous les membres de l’Assemblée la nécessité jusque là observée d’avoir en toutes circonstances une tenue respectueuse des lieux » (cité par Christophe Parent, « Le code vestimentaire des hémicycles sous la Ve République : mythes et réalités », Revue de droit public, n°6, 1er novembre 2013).

Mais en 2017, François de Rugy est désormais président de l’Assemblée sous l’étiquette « En marche » lorsque les députés de « La France insoumise » revendiquent le droit de ne pas porter de cravate. Les circonstances sont donc réunies pour changer la définition de la « tenue correcte » dans l’hémicycle. Le 19 juillet 2017, le Bureau constate qu’« aucune disposition réglementaire ne fixant la tenue vestimentaire des députés, il n’y a pas lieu d’obliger les hommes au port d’une veste et d’une cravate dans l’hémicycle ».

Auparavant, la seule catégorie d’élus dispensés de cravate était celle des hommes d’Église : Félix Kir, député de 1945 à 1967 ; Félix Viallet député de 1956 à 1962 et Hervé Laudrin, député de 1958 à 1977 et qui fut le dernier prêtre dans l’hémicycle. La « France insoumise » précédée par la France en soutane, quelle époque !

Marc Gauchée

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Spécial copinage/ Quand les nourritures restent terrestres


MartinParr

Le projet ouvert au financement participatif s’appelle « La Plate forme des cultures du goût, nouvelle version ».

La porteuse de projet est l’équipe d’Alimentation générale.

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« Il y a trois ans, nous avons lancé Alimentation Générale, la plateforme des cultures du goût, avec les moyens du bord. Nous voulions traiter de l’ensemble des sujets politiques, sociologiques, économiques, scientifiques et culturels liés à la nourriture, de l’assiette au champ. Aucun média n’abordait ce sujet de façon transversale et il nous semblait urgent de commencer à le faire. Aujourd’hui, nous souhaitons aller plus loin et développer le magazine dont nous rêvions alors. Un magazine avec une maquette plus interactive, qu’on pourra retravailler chaque matin comme celle d’un magazine papier, avec plus de contenus et surtout qui permette la construction d’une communauté (…). Nous souhaitons accompagner le citoyen dans ses choix alimentaires. Nous sommes un magazine indépendant, collectif et avons fait le choix d’être gratuit et sans publicité ».

Parce que l’alimentation (et pas que « générale »), c’est un sujet du quotidien et un sujet global.

Le projet est en ligne sur KissKissBankBank.

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[La Scène qui déchire] L’instrument musical de Dominique Aveline


Dans Les petites écolières (de Frédéric Lansac alias Claude Mulot, 1980), Dominique Aveline (1940-2009) interprète le sévère Monsieur Charles,  surveillant général du « Cours privé Les Mimosas ». Vêtu d’une blouse bleue, il frappe souvent sa règle dans sa main pour impressionner les élèves.

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De père gitan et de mère normande, abandonné et placé en orphelinat, Dominique Aveline fait le bataillon d’Afrique avant de se lancer dans les spectacles pornographiques. Didier-Philippe Gérard (alias Michel Barny), réalisateur notamment de Mes nuits avec… Alice, Pénélope, Arnold, Maude et Richard (1976) et des Hôtesses du sexe (1977), l’appelait « le Martien ». Certes parce qu’« il n’avait pas la tronche du héros du film, il l’a toujours su, donc il a fait tous les petits rôles ». Mais plus vraisemblablement parce qu’« il était une vraie machine : tu lui disait ‘moteur’ il bandait, tu lui disait ‘coupez’ et il était au repos » (cité dans Brigitte Lahaie. Les films de culte, Cédric Grandguillot et Guillaume Le Dissez, Glénat, 2016). Autant de qualités nécessaires au cours privé Les Mimosas. Car la patronne (Brigitte Lahaie) est une mère maquerelle reconvertie dans l’éducation sexuelles de jeunes femmes. Et comme il s’agit d’une film pornographique, les travaux pratiques l’emportent sur les cours magistraux. Voilà donc Monsieur Charles qui sort son sexe régulièrement pour se faire prodiguer une fellation par des élèves aussi volontaires qu’appliquées.

Lorsqu’arrive le spectacle de fin d’année donné devant les maris et les amis impatients de constater combien leurs amoureuses ont profité de leur si particulier cursus, Dominique Aveline se travestit en colon britannique entreprenant une Pocahontas assez peu farouche.

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Mais, auparavant, Monsieur Charles a ouvert le spectacle l’air le plus sérieux du monde, en costume sombre et nœud papillon rouge, un xylophone d’enfant autour du cou. Il lance les festivités : il joue quelques notes en frappant l’instrument avec le sien… donnant ainsi son interprétation toute personnelle, phonétique et française de la « Beat Music ».

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Instant complètement barré qui pourrait s’expliquer comme une distance ironique et féministe par rapport à son phallus ? Après tout Didier-Philippe Gérard dit de Dominique Aveline : « C’était un fou du cul mais le type le plus féministe de tous les hardeurs que j’ai connus ». Et Brigitte Lahaie ajoute : « Il n’y a pas plus tendre que lui ». Féministe, tendre et hardeur, Dominique Aveline n’a pourtant pas poursuivi sa brève carrière de mélomane percussionniste puisqu’il s’est, ensuite, reconverti en « maître de chais dans le Bordelais » (Guillaume Barreau Decherf, « Spécial sexe : Que deviennent les stars du X ? », lesinrocks.com, 29 août 2010).

Joe Gillis

 

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Quand les cheveux n’étaient pas sur la langue


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Et c’est dans La Fille des dieux (A Daughter of the Gods) de Herbert Brenon.

Annette Kellerman, grande nageuse australienne, venait d’interpréter, en 1914, La Fille de Neptune (Neptune’s Daughter), toujours, de Herbert Breno. En 1916, elle joue le rôle d’Anitia, jeune femme qui vit une passion aquatique et fatale avec le prince Omar (William E. Shay).

Dans une scène qui fit grand bruit à l’époque, elle plonge, nage et s’ébat nue dans un plan d’eau près d’une cascade. Heureusement, lorsqu’elle regagne la terre ferme, ses cheveux, toujours bien disposés et agencés, préservent sa pudeur et dissimulent ses tétons.

Annette Kellerman jouera ensuite, notamment, dans La Reine de la mer de John G. Adolfi (1918) et dans La Vénus des mers du Sud de James R. Sullivan (1924). En 1952, elle sera conseillère pour le film musical retraçant sa propre vie, La première sirène (de Mervyn LeRoy)… où elle est incarnée par Esther Williams.

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La Doctoresse n’a pas que des gros seins, elle va aussi à la Sorbonne


Certes, mon titre peut agacer certain-e-s, mais c’est parce que je ne pourrai pas y aller. Alors si vous y assistez, je suis preneur d’un article sur ce qu’il s’y sera dit (et vu).

Affiche Table ronde 2018.jpeg

C’est le laboratoire d’excellence « Industries culturelles et création artistique » qui organise une table-ronde sur le thème:

« Que faire du cinéma bis et d’exploitation » 

Le Jeudi 15 Mars de 14h à 16h à l’université Sorbonne nouvelle – Paris III, centre Censier – amphithéâtre D02.

Les intervenants: Bruno Terrier (Métaluna Store) François Gaillard (réalisateur), Anne Delabre (7e genre) et Christophe Cosyns (Ecstasy of film).

Les organisateurs : Mélanie BOISSONNEAU : boissonneau.m@gmail.com; Quentin MAZEL : quentin.mazel@gmail.com et Thomas PILLARD : thomas@pillard.nom.fr

« Depuis son essor dans les années 1960, le cinéma « bis » et d’exploitation se caractérise d’abord par une économie créative particulière : faible budget, caractère commercial et populaire assumés, représentations transgressives de la violence et de la sexualité (…). On constate (…) depuis les années 2000, et de manière plus nette encore depuis les années 2010, une résurgence remarquable de ce continent cinématographique« : revitalisation de pratiques anciennes comme le fanzine; appropriation par de nouveaux publics; attachement des fans à de nouveaux objets (DVD, Blu-Ray, beaux livres) et lieux de médiation (boutiques dématérialisées et forums spécialisés, festivals et cinémathèques).

« Cette table ronde vise à mieux comprendre ce hiatus, renvoyant notamment au devenir « culte » de formes cinématographiques autrefois marginalisées ainsi qu’à des évolutions à plus long terme des modes d’attachement au cinéma dit « populaire », à l’heure où il connaît de nouveaux usages sociaux« .

Tout le programme est .

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