Ceci n’est pas une critique de « Splendor in the Grass »


Splendor in the Grass d’Elia Kazan (1961) mérite d’être vu, ne serait-ce que pour la scène finale des retrouvailles entre Bud (Warren Beatty) et Deany (Natalie Wood). Cette scène est un hommage à l’absence et au temps qui a passé sans l’être aimé, une parfaite représentation de la vie amoureuse et des manques qu’elle occasionne, une source de réflexion inépuisable pour toute création artistique. Il faudrait débattre du manque, de l’absence, de la nostalgie, de l’illusion, du rêve, il faudrait exploiter ces ressentis, les faire travailler, les vider de leur substance, de leur appellation, les incarner en principes de réflexion, en contenants à même de révéler les multiplicités dont ils regorgent. Elia Kazan filme l’indicible et nous donne la voie pour explorer la richesse des sentiments mais surtout la source intarissable des possibles qu’ils constituent. Elia Kazan, en sachant suggérer le malaise de Deany, tant dans la folie due à l’absence que dans le constat d’un amour perdu, révèle les distances infinies dans lesquelles baigne notre cerveau. Il présente, en douceur, un territoire sans limite, un événement sans histoire, une capacité au fondement méconnu, la perception humaine.

Matthieu Z.

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