Small is beautiful


bourElisabethTaylor

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[Comme un écho] La Différence entre Francisco de Goya et Max Pécas


Dans Claude et Greta (1970), Max Pécas raconte l’histoire de Greta (Astrid Frank), une étudiante suédoise qui arrive à Paris pour faire des études d’art. Elle est hébergée au début dans une famille dont le père n’est pas insensible à la plastique nordique de la jeune femme.  Le fantasme de ce père de famille consiste à imaginer Greta nue alors qu’elle joue de la guitare parfaitement vêtue devant lui.

En 1800, Francisco de Goya semblait avoir déjà suivi la même inspiration lorsqu’il avait peint les deux tableaux : La Maja nue et La Maja vêtue.

GoyaPecas

Le seul point commun entre ces quatre œuvres est qu’elles représentent de vraies femmes ayant existé. Astrid Franck chez Max Pécas et Pepita Tudo, la maîtresse de Manuel Godoy, chez Francisco de Goya.

Mais l’audace voyeuriste du peintre espagnol en 1800 est bien supérieure à celle du réalisateur français en 1970 ! Car La Maja est l’une des premières œuvres d’art européennes qui montre, sans avoir recours au prétexte du récit mythologique, un pubis féminin poilu. De son côté, Max Pécas ne dévoile que la poitrine de son actrice alors que son pubis reste opportunément dissimulé par la guitare.

De plus Francisco de Goya aurait commencé son diptyque par La Maja nue puis aurait ensuite réalisé La Maja vêtue (d’ailleurs avec des vêtements si moulants qu’elle en est presqu’autant dévêtue). Max Pécas emprunte le chemin inverse : il se contente directement d’illustrer le fantasme du père de famille en déshabillant son actrice.

L’ultime différence entre les deux époques est la suite de leur histoire. Manuel Godoy avait secrètement épousé Pepita Tudo en 1797 et se marie officiellement avec elle en 1829. Mais en 1970, le père de famille tente de violer Greta qui, du coup, le gifle et s’enfuit.

Joe Gillis

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[Crise de comm] Mais qui choisit les illustrations dans Télérama ?


Télérama No. 3618 - 18 Mai 2019

« À ça !» Télérama du 15 mai 2019 (n°3618) était « À ça ! » de faire un sans faute. Adèle Haenel en couverture avec le titre « Portrait d’une jeune femme en feu ». Si l’actrice est pieds nus, elle est en pantalon, ça change de ces couvertures traditionnelles cannoises de robes qui s’envolent (Télérama n°3305 du 15 mai 2013).  Il y a aussi un excellent article de Mathilde Blottière et Hélène Marzolf sur la difficulté de trouver des rôles pour les actrices de la cinquantaine « Cachez ces rides qu’on ne saurait voir » ; un passionnant entretien de Céline Sciamma par Guillemette Odicino…

Et puis patatras ! La page de sommaire justement, celle qui contient l’éditorial de Fabienne Pascaud, « Ouvrez l’oeil », pour célébrer les « femmes puissantes » du festival de Cannes 2019 est illustrée par deux photographies : Alain Delon au festival de Cannes en 1957 (par Georges Dudognon) et une actrice (?) sans nom, face aux photographes et à la longue chevelure descendant sur son décolleté dorsal (par Olivier Metzger).

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Tout à coup, ou plutôt en un coup d’oeil, l’image vient contredire les textes. Les clichés persistent : format plus petit pour une femme sans visage, ni identité ; le glamour est genré avec le spectacle du corps féminin anonyme d’un côté et le spectacle d’un visage masculin individualisé de l’autre ; des paillettes qui brillent pour la femme, du noir et blanc esthétisant pour l’homme. Il arrive ainsi de temps en temps à Télérama d’avoir un loupé quant au choix de ses illustrations. Par exemple, la légende de la photographie de La Grande Belleza de Paolo Sorrentino (dans le même numéro que cité précédemment du 15 mai 2013) ne mentionnait que le nom de l’acteur, mais pas celui de l’actrice (nue). Il suffirait pourtant que les responsables de l’iconographie lisent les articles qui composent le journal avant de faire leur choix !

Marc Gauchée

P.S.: Et puis on a appris par Mediapart que la rédaction de Télérama est secouée par des affaires de harcèlement…

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Celui qui ne fait pas son âge…


bourJappeloup

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Mylène Demongeot et la « Barnumisation » des actrices des années 1950


Dans Le Symbolisme sexuel (éditions Jean-Jacques Pauvert, 1961), Jean Boullet déplore que le cinéma ait installé « le règne de la mamelle ʺhippopo-tamiformeʺ ». Cette « barnumisation » du buste féminin vient, selon lui, d’un « goût des femmes-nourrices pour des hommes-enfants anémiques [qui] complète celui des hommes pour de super-nourrices aux appâts prometteurs ; ainsi les mâles-bébés se complaisent-ils dans l’adoration d’une race de femmes dont l’unique fonction sociale est de s’offrir à une légion de sous-alimentés sevrés avant l’âge ». Pour tous ces hommes, les seins énormes sont des « réserves nationales pour les disettes à venir ».

Actrices1950

Gina Lollobrigida, Sophia Loren, Anita Ekberg, Marilyn Monroe ou encore Jayne Mansfield sont les actrices généreusement dotées qui marquent ces années 1950 d’après-guerre, d’après-disette. En France, quand elle joue avec Brigitte Bardot dans Futures vedettes (de Marc Allégret, 1955), Mylène Demongeot ne peut s’empêcher de se comparer : « Un corps divin, hyper-mince avec de gros seins. Je la vois, je suis verte ! Tout ce que je ne serai jamais ! ». Et elle fait le constat lorsqu’elle décrit son propre physique : « Corps : tarte. Épaules tombantes. Pas assez de poitrine ». Pour Une manche et la belle (de Henri Verneuil, 1957), elle explique dans son autobiographie, Tiroirs secrets (éditions Le Pré aux clercs, 2001) qu’elle a même bénéficié d’une doublure seins !

Dans ce film, le beau et jeune Philippe Delaroche (Henri Vidal) a épousé la moins jeune mais plus riche veuve Betty Farnwell (Isa Miranda) pour son argent. En fait, il est tout autant intéressé par Ève (Mylène Demongeot), charmante et délurée secrétaire de Betty. Ainsi, le lendemain de sa nuit de noces à bord d’un yacht de luxe, Philippe décide d’aller se baigner, plonge du bateau et accoste sur un ponton flottant. C’est là qu’il découvre abandonné, le maillot de bain deux-pièces d’Ève. Au bout de quelques instants, celle-ci surgit de l’eau, dévoilant sa poitrine, replonge avant de réapparaitre. L’apparition est furtive, bien dans le style de ces films français des années 1950 qui laissaient voir la poitrine des actrices par surprise et toujours très rapidement.

UneMancheEtLaBelle

Mais Mylène Demongeot raconte dans son livre de souvenirs : « Moi, je ne veux pas montrer mes seins, que je trouve bien trop petits ». C’est pourquoi, selon elle, une jeune fille de 14 ans qui a « deux obus dressés… sublimes » lui a servi de doublure. Si le visionnage de la scène permet de constater qu’il y eut bien une doublure, car le visage de la fille sortant de l’eau n’est visiblement pas celui de Mylène Demongeot, l’âge de cette doublure reste à confirmer et son nom demeure inconnu.

Les actrices devront faire avec cette « Barnumisation » qui continue dans les années 1960 et au-delà. Tantôt pour combler le besoin de certains hommes d’être comblés, de bénéficier d’une source de réconfort et de sécurité à la façon de Charles Baudelaire dans son sonnet « La Géante » (19ème poème du recueil Les Fleurs du mal, 1857) qui se voit, tel un petit garçon, « Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins, Comme un hameau paisible au pied d’une montagne ». Tantôt pour affirmer un pouvoir tout féminin, étouffant et protubérant jusqu’à concurrencer la virilité comme dans Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! (de Russ Meyer, 1965).

Joe Gillis

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Serial copieur


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Quand Kichka tient une idée… il y a 2 ans déjà.

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Si vous ne voulez pas écouter Victoire Tuaillon, lisez-la!


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La journaliste Victoire Tuaillon a créé le podcast « Les Couilles sur la table » il y a moins d’un an pour recevoir et débattre avec celles et ceux qui réfléchissent « sur les masculinités, d’un point de vue féministe« .

Le podcast, c’est sur la chaîne Binge.audio.

Victoire Tuaillon a désormais lancé le projet d’un livre à partir de ses podcasts et là, la souscription est ouverte sur Ulule.

Vous l’aurez compris, « Les Couilles sur la table » des années 2010 n’ont rien à voir avec celles des années 1980MBXmYJsojl_zj8rua3ATK3g2e68@500x684

Marc Gauchée

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