Les mots du cinéma (3/10) : J.L.G


Godard

« La photographie, c’est la vérité et le cinéma c’est 24 fois la vérité par seconde », Jean-Luc Godard.

C’est assez terrible à dire, mais Godard risque avec le temps d’être plus connu pour ses citations que pour ses films. « Godard », existe-t-il un nom dans le cinéma plus chargé de clichés et de méfiance  ? Sans doute plus de la moitié d’entre vous se sont déjà arrêtés de lire rien qu’à l’évocation de son nom. Il y a un malentendu à son sujet. Godard ne propose pas un spectacle divertissant, il nous propose ses recherches en images et sons. Faux raccords, collages sonores, hors champs, regards caméra, il expérimente et les autres réalisateurs piochent dans la grand malle à jouets de ses trouvailles. Il faut voir un film de Godard comme une visite d’un laboratoire de chimie : pas sexy mais tout s’y joue.

Cette citation, donc. Ce qui me fascine dans le cinéma, c’est que son existence a pour origine une défaillance physique de l’humain, une limite neurologique. Assis dans le noir, le projecteur fait défiler la pellicule à 24 images par seconde, notre œil et notre cerveau n’arrivent pas à distinguer individuellement les photos, et là magie, notre cerveau cède et nous donne l’illusion d’assister à la réalité en mouvement. Quelques images de moins par secondes, nous isolons les images, quelques-unes de plus par seconde, nous ne percevons plus rien.

Restons un peu dans notre ambiance blouse blanche et dans le service de neurologie : un siècle de films a modifié notre cerveau. Un spectateur du début du siècle serait absolument incapable de regarder ou de comprendre n’importe quel film d’aujourd’hui. Flash-backs, ellipses narratives, nombre de plans par minutes, tout ce qui nous paraît naturel et juste bien rythmé ne serait qu’une longue migraine ophtalmique pour nos arrières grands-parents.

Godard pose ici aussi la question de la Vérité donnée par le cinéma ou par toute forme d’expression. Et bien, vaste débat que je n’ouvrirai pas parce que : 1) je ne suis pas franchement convaincu que ce soit vrai 2) ce n’est pas moi et quelques lignes qui apporteront un nouvel éclairage fondamental sur ce sujet 3) j’ai un sac à préparer pour partir en vacances !

Augustin B.

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