Underage Romance


Je tiens le « high concept » de la décennie ! Le premier « teen movie » commercial chargé jusqu’à la gueule de « frontal nudity », avec deux ou trois scènes de sexe allant crescendo jusqu’à un final quasiment pornographique, renvoyant Larry Clark aux oubliettes de l’histoire du cinéma.

Je pars d’un truc genre Les Nuits fauves, avec un ado qui cherche son identité sexuelle, pense être homo, et commence son parcours initiatique dans les parcs la nuit. Jusqu’au jour où il tombe sur trois racailles tatouées et bâties comme des Dieux grecs qui le tabassent, le violent et le laissent pour mort. Sauvé mais affreusement défiguré, il décide de se prostituer en se cachant sous un costume de catcheur mexicain. Culo Atomico est né. Il crée son blog sur lequel il montre des vidéos de ses exploits sexuels et le buzz dans le milieu gay des campus US est tel que le gars devient une méga star. Il tourne dans tout le pays, jusqu’au jour où il tombe amoureux de celle qui va lui faire prendre conscience qu’il est hétéro.

Elle, c’est LolitaX, la plus jeune porn star ayant jamais existé. Managée par sa mère, on suit son histoire en parallèle bien entendu. Là, je suis plus sur une inspiration Little Miss Sunshine. Abusée depuis la naissance par un père incestueux, elle est placée dans une famille d’accueil, après que sa mère a tué le monstre. Écopant d’une peine minimale grâce à un jury compréhensif, elle récupère vite sa fille, qu’elle entraîne pendant des années pour devenir une Tracy Lords pré-ado, afin de décrocher le jackpot et prendre leur revanche sur une vie qui ne les a pas épargnées. Malheureusement, rattrapée par ses vieux démons et par un tueur rencontré dans un bar louche, la génitrice est violée et brûlée vive par son agresseur, qui en profite pour réaliser un « snuff ». Elle meurt donc peu de temps avant l’événement qui doit apporter gloire et fortune à la chair de sa chair.

Le final et la rencontre des deux parcours ? Un méga gang bang Bi, diffusé en événement planétaire sur Youtube, avec pour têtes d’affiches nos deux héros devenus stars internationales. Malheureusement, au premier coup de queue, c’est le coup de foudre. LolitaX et Culo Atomico comprennent à quel point leurs vies n’ont été vécues que pour ce moment-là et plantent tout le monde pour finir leurs jours avec une tripotée de chiards dans un immense camping-car (là, je sais plus à quoi je fais référence !).

Comme ma mère me le dit, ça risque de pas être facile à vendre. Mais je suis pas le dernier des cons et ma collection de Première m’a au moins permis une chose : connaître l’histoire du cinéma de ces dix dernières années sur le bout des doigts. Il a fait quoi Gaspar Noé quand Cassel et Bellucci l’ont planté avec son projet de porno grand public ? Il a transformé son histoire en « revenge flick ». Je change le gamin en apprenti justicier, la gamine en fille à papa tueuse à gages, façon Léon de Luc Besson, et le gang bang final par un carnage à la House of Blue Leaves. Du coup, je peux même descendre l’âge de la gamine à onze ans.

Christophe Diaz

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2 commentaires pour Underage Romance

  1. M. dit :

    Hillarante critique de la sexualité marchande sur laquelle repose notre société, bravo!
    M.

  2. Frédéric SCHMITT dit :

    Bigre! Quel talent
    Dans un style rappelant un Philippe Vandel époque Journal du hard, mâtiné d’Olivier Assayas époque Cahier du cinéma, votre texte rock n’ rollesque mon cher christophe, nous donne l’envie incompressible de courir chez le marchand de TV le plus proche toute affaire cessante. Mes amis, au diable les bonnes manières, oubliez la coupe du monde qui s’annonce désastreuse et investissez dans les homes cinéma pour la bonne raison. Achetez les dernier écrans plats à la mode pour vous délectez de ces petits films immoraux (dés leurs sortis en DVD) Le soir tout seul dans votre lit à grand coup de branlettes et de chips mexicaines ou bien à deux si votre couple fonctionne toujours (mais en évitant les chips toutefois!) sur les conseils de Monsieur Diaz vos nuits ne seront plus jamais les mêmes. J’ose croire que ton amour du cinéma, la folle passion qui t’anime va contribuer à rendre ses lettres de noblesse à un genre aujourd’hui franchement galvaudé, j’ai nommé L’AMOUR du CINÉMA. Il ya chez toi, derrière ce style rapide et sec comme une téquila paf, bien plus que la simple écriture stéréotypée de l’aficionados convaincu, mais la véritable jouissance qui animent tout les nostalgiques du magazine Starfix et du défunt Cinématographe de Perpignan. Me trompe jeeee ?

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