CINETHINKTANK
Don't stop thinking !
Accueil
Au terme d’une nuit agitée, malade, deux films ont surgi :
Flandres de Bruno Dumont, à voir comme on observe un tableau, un plaisir pour les yeux et une merveille d’animalité dans l’interprétation, une œuvre qui se passe volontiers de dialogues qu’on a de toute manière du mal à comprendre. L’homme est brutal, l’homme est petit, lui qui est, pourtant, si apte à saisir la manière dont il déraille. On fait ici partie intégrante du film, on vit, on est, d’avantage qu’on parle, qu’on cherche à comprendre. C’est tant mieux : se passer des mots soulage, parfois.
Le Premier venu de Jacques Doillon parle, lui, bien plus. D’ailleurs, il est d’abord énervant pour sa mise en scène alliant assez mal spontanéité du jeu des acteurs et écriture très étudiée des dialogues. Ce côté à la fois authentique et artificiel, un peu précieux mais totalement assumé, des cinéastes de la nouvelle vague – on pense à Eric Rohmer ( Ma Nuit Chez Maud , Conte d’été …). Un malaise qui se dissout vite, cependant, grâce au singulier Gérald Thomassin : petit homme démuni et violent, brut et mal foutu, qui éclipse tout le reste, donnant tantôt l’épaisseur nécessaire à la tragédie, tantôt la légèreté utile à la comédie. Et Doillon de savoir enfin capter un morceau de la condition humaine, la personnalité d’un être oscillant entre deux états paradoxaux, l’être hésitant, l’être qui se ravise.
Dans le bilan d’un matin de décembre, il y a aussi la peinture ci-dessous, Chartres , de Gérard Garouste, qui me pousse à m’interroger sur le lien de l’artiste avec les surréalistes, et Dalí en particulier.
Une vision « surréaliste » complétée par l’écoute, presque instinctive, des Gnossiennes d’Erik Satie, dont l’intensité magique résistera probablement plus au temps que n’importe quelle composition du début de ce XX° siècle français, Debussy, Ravel, Fauré, Saint-Saëns compris. L’œuvre éternelle d’un précurseur où résonnent simplicité, impertinence et liberté artistique totales. Questions, soudain, encore : peut-on être nostalgique d’un mouvement, d’un courant artistique, sans les avoir vécus ? Peut-on se passer de contexte ? Peut-on exister sans l’histoire ? Comment crée-t-on un courant ? En somme nous capables ou est-ce le contexte qui en est responsable, en nous conduisant à agir en réaction à ? Dans les rues de Montmartre, où il est permis de se promener le samedi après-midi, nous n’oublions jamais de passer rue Cortot, où Satie écrivit, à la fin du XIX°, ses Gnossiennes . Rue Junot aussi, où Tristan Tzara se vit ériger une bâtisse aux formes triangulaires sans doute aussi improbables pour l’époque qu’aujourd’hui.
Matthieu Z.
Partagez
Imprimer
L’idée d’un art illustré par un autre art n’est pas nouvelle. Pour autant, elle ne semble jamais s’être mieux portée qu’aujourd’hui. Quelques exemples, au hasard des innombrables existant: - Pascal Dusapin, compositeur que l’on sait influencé par le Mulholland Drive de David Lynch, fait des arts plastiques une composante essentielle de l’opéra Passion , création présentée cet été au Festival d’Aix, - l’on ressent physiquement, autant que l’on entend la mélodie, la matière sonore dans Amnesiac et Hail to the Thief de Radiohead, Untrue de Burial ou Creature Comforts de Black Dice, - Dogville de Lars Von Trier parvient, en trois modiques heures, à rendre obsolètes les conceptions de théâtre et de cinéma tant il réussit à merveille la fusion entre les deux disciplines.
Et l’art de se réinventer en franchissant les barrières, en anéantissant les catégories, en pulvérisant les appellations.
A ces principes de juxtaposition et de décloisonnement se superpose celui de recyclage des oeuvres (cf L’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin – éditions Allia) et de leurs auteurs. Andy Warhol par exemple: - que l’on retrouve au milieu de la pièce Inferno (inspirée de La Divine Comédie de Dante) de Romeo Castelluci au Festival d’Avignon,
- dont on retrouve les cicatrices dans l’exposition Richard Avedon au Jeu de Paume,
- qui rendra hommage à l’oeuvre d’Erik Satie (en février 2009 à la Cité de la musique) lors de la projection du film Sleep sur la pièce musicale de Satie, Vexations .
search
Mots-clefs Actualité Agnès Varda Animation Arts plastiques Cinéma Contre-culture Danse Economie Engagement Erik Satie François Truffaut Gilles Deleuze Hollywood Image Lars Von Trier Littérature Marguerite Duras Maurice Pialat Michel Houellebecq Minimalisme Musique Nouvelle vague Obsession Pascal Quignard Philosophie Photographie Politique Polémique Poésie Producteur Psychologie Radiohead Ruralité Réalisateur Révolution Sam Mendes Slavoj Zizek Sociologie Société Stanley Kubrick Steven Soderbergh Thom Yorke Télévision USA William Faulkner
Articles récents Lille engagée Quand la publicité flingue la cause Je veux parler de cinéma coréen Premières femmes et secondes chances Tendance bobeaufs Exotisme nordique Y’en a marre La brève histoire du capitalisme de Michel Houellebecq La psychiatrie au cœur du cinéma français Nos héros sont des salauds (part I)
Lille engagée
Quand la publicité flingue la cause
Je veux parler de cinéma coréen
Premières femmes et secondes chances
Tendance bobeaufs
Exotisme nordique
Y’en a marre
La brève histoire du capitalisme de Michel Houellebecq
La psychiatrie au cœur du cinéma français
Nos héros sont des salauds (part I)
New comments helena Novak on Quand la publicité flingue la… Pierre Perelmuter on Quand la publicité flingue la… Christophe Diaz on Family Jewels frederic conté on Family Jewels
helena Novak on Quand la publicité flingue la…
Pierre Perelmuter on Quand la publicité flingue la…
Christophe Diaz on Family Jewels
frederic conté on Family Jewels
Articles les plus consultés Lille engagée Quand la publicité flingue la cause Richard Avedon, photographies interdites s'il vous plaît Premières femmes et secondes chances Je veux parler de cinéma coréen
Richard Avedon, photographies interdites s'il vous plaît
Catégories Gros son (16) L'Envers du décor (30) Les mots du cinéma (3) Passerelles entre les arts (36) Philosophons (27) Politique & Société (56) The Movie Library (46) Uncategorized (20)
Gros son (16)
L'Envers du décor (30)
Les mots du cinéma (3)
Passerelles entre les arts (36)
Philosophons (27)
Politique & Société (56)
The Movie Library (46)
Uncategorized (20)
Archives Choisir un mois novembre 2010 (4) octobre 2010 (6) septembre 2010 (7) août 2010 (3) juillet 2010 (4) juin 2010 (7) mai 2010 (5) avril 2010 (4) mars 2010 (6) février 2010 (3) janvier 2010 (4) décembre 2009 (3) novembre 2009 (4) octobre 2009 (5) septembre 2009 (6) août 2009 (2) juillet 2009 (4) juin 2009 (8) mai 2009 (6) avril 2009 (7) mars 2009 (8) février 2009 (4) janvier 2009 (6) décembre 2008 (11) novembre 2008 (12) octobre 2008 (11) septembre 2008 (5) août 2008 (11)
Blogroll Alain Delorme Alejandro Sosa Sound Prod. Assises Internationales du Roman Cassandre/Horschamp Joseph Ghosn La Règle du Jeu La République des Lettres La Vie des Idées Le Blog de Vingt et Un Le Panda déchaîné Le Tigre Maxime Brygo Mc Sweeney's Mediapart Mediastorm Mouvement Newsmap No Big Story Ubuweb Vacarme
Alain Delorme
Alejandro Sosa Sound Prod.
Assises Internationales du Roman
Cassandre/Horschamp
Joseph Ghosn
La Règle du Jeu
La République des Lettres
La Vie des Idées
Le Blog de Vingt et Un
Le Panda déchaîné
Le Tigre
Maxime Brygo
Mc Sweeney's
Mediapart
Mediastorm
Mouvement
Newsmap
No Big Story
Ubuweb
Vacarme
Recherche pour:
Flux
Complet
Commentaires
Thème: Regulus par Binary Moon .
Bloguez sur WordPress.com .
Haut